2004

Par Agnès Varda

Anthropométrie de l’Époque Bleue (ANT 82), 1960



Ce film est extrait du DVD suivez l'artiste
100 personnalités évoquent chacune une œuvre exposée au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou.
© Cinétévé – Centre Pompidou, 2004 / Distribution : Editions Montparnasse


Agnès Varda : « J’ai choisi cette peinture d’Yves Klein ;je l’aime, voilà, elle me plaît. J’ai toujours l’impression d’avoir un rapport proche, et pourtant je n’ai pas connu Yves Klein mais je l’admire, je l’ai toujours admiré car il a fait quelque chose de très extraordinaire, c’est novateur, c’est culotté. Puis il a posé la question de l’acte de peindre. Ca s’est passé dans une galerie, en 1960. Il avait convoqué ses modèles ; il les appelait des « pinceaux vivants », alors on leur peignait le corps jusqu’aux cuisses, de ce bleu qu’il avait inventé.Alors elles se plaquent contre la toile ou le papier et cette idée du corps avec cette forme entre les cuisses et le buste, les poils pubiens, ça met la peinture dans un rapport charnel avec les spectateurs. 
Et c’est en même temps quelque chose qui renoue avec des mœurs très très anciennes, bien avant la civilisation, dans les cavernes, il y avait des traces, il y avait des empreintes, il y a eu des empreintes de mains.
Là, la notion de traces et d’empreintes est un acte qui, moi, me touche et puis j’ai une admiration, une tendresse pour ce peintre. Il est mort jeune, en plus, alors évidemment ça en fait un héros.
(Source DVD « Suivez l’artiste », Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, 2004)
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