Biographie

  • 1928 - 1953

    Les prémices d’une œuvre

    Né à Nice en 1928, de parents peintres – Fred Klein (1898-1990) et Marie Raymond (1908-1989) – Yves Klein est un autodidacte. Pendant son enfance, la famille Klein habite entre Paris et Nice. Très jeune, Yves travaille dans la librairie de sa tante à Nice où il se lie d’amitié avec le futur artiste Arman et le poète Claude Pascal.

    Attiré par le voyage, entre 1948 et 1953, il effectue plusieurs séjours tout d’abord en Italie, puis en Angleterre — où il travaille chez un encadreur et s’initie à la dorure à la feuille— en Irlande, en Espagne et enfin au Japon.

    Pendant ces années, Yves consacre beaucoup de temps au judo : titulaire du prestigieux grade de 4e dan, il l’enseigne régulièrement et le documente. Ses journaux de voyage mentionnent, dès la fin des années 1940, la réalisation de monochromes sur papier. À la même époque, il imagine une Symphonie Monoton-Silence et écrit des scénarios de films sur l’art.
    • 1928 → 1938

      Le 28 avril 1928, Yves Klein naît à Nice. Son père, Frédéric Klein, dit Fred Klein (Bandung, 1898 - Paris, 1990), Néerlandais né en Indonésie, est un peintre figuratif. Sa mère, née Marie Raymond (La Colle-sur-Loup, 1908 - Paris, 1989) est alors une jeune artiste et s’affirmera plus tard comme peintre abstrait.

      files/media_file_10.jpg Marie Raymond, 1948 ca.
      Photo © Willy Maywald

      Yves vit son enfance entre Cagnes-sur-Mer à La Goulette, une vielle maison dans le Haut-de-Cagnes, Paris et ses banlieues et Nice où la famille est accueillie dans des périodes de difficultés financières chez les parents de Marie. À Nice, Yves séjourne aussi à maintes reprises chez sa tante Rose Raymond. L’affection de celle-ci ainsi que ses attentions et son aide matérielle le soutiendront tout au long de sa vie.  

      1928_2 Fred Klein, 1948 ca.
      Photo © Tous droits réservés

      En 1937, Marie et Fred participent à l’Exposition universelle de Paris avec une fresque sur le thème des quatre éléments pour la décoration du pavillon de la Côte d’Azur, fresque financée par les Parfumeries de Grasse.
    • 1939 → 1946

      Les Klein sont surpris par la guerre à Cagnes-sur-Mer. Ils vendent La Goulette et louent une maison dans le Haut-de-Cagnes. Les parents Klein fréquentent Nicolas de Staël qui est installé à Nice avec sa compagne Jeannine Guillou et le fils de celle-ci, Antek, un camarade de jeu d’Yves. Ils y rencontrent les artistes du Groupe de Grasse : Alberto Magnelli, Jean Arp, Sophie Taeuber, Sonia et Robert Delaunay, etc.

      De retour à Paris, entre 1946 et 1954, Marie Raymond tient des réunions hebdomadaires à son domicile, tous les lundis. Y sont conviés des représentants du monde de l’art et des lettres, des peintres de toutes les tendances ainsi que des artistes de la nouvelle génération. Lorsqu’il est à Paris, Yves fréquente de temps en temps ces soirées.
    • 1947 → 1948

      En 1947, de retour à Nice, il travaille dans la librairie que Rose Raymond a installée pour lui dans son magasin.

      Durant l’été, en s’inscrivant au club de judo du quartier général de la Police, Yves Klein fait la connaissance de Claude Pascal et d’Armand Fernandez, le futur Arman.

      1947_1 Yves Klein à l'Ecole de judo de Nice, 1952 ca.
      Photo © J. Nocenti



      En 1948, Yves découvre l’ouvrage La Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel. Au cours de l’année 1948, Yves, Claude et Armand sont initiés à la doctrine rose-croix par Louis Cadeaux, un homme âgé qui faisait profession d’astrologie et d’occultisme.

      En juin, Yves et Claude deviennent membres de la Rosicrucian Society of Oceanside (Californie), dont ils reçoivent les cours par correspondance.  

      Yves, Claude et Armand aménagent la cave des parents Fernandez pour leurs réunions. Yves en décore le plafond avec une surface monochrome bleu clair et un mur avec des empreintes de mains et de pieds. Il orne aussi la couverture de son carnet sur la pensée rosicrucienne avec un disque de carton bleu clair et marque d’empreintes ses chemises.

      1948-1954_2 Yves Klein et Claude Pascal dans les rues de Nice, 1948 ca.
      Photo © Tous droits réservés

      En Août, il effectue un voyage en auto-stop en Italie : Gênes, Portofino, Rapallo, Santa Margherita, Pise, Florence, Rome, Naples, Capri, Ischia, Pompéi, Reggio, Messine, Palerme, Venise, puis retour à Nice.  

      Le 18 novembre, il part faire son service militaire en zone d’occupation française en Allemagne, près du lac de Constance.  

      Yves Klein élabore le projet d’une Symphonie Monoton-Silence, composition musicale à un seul ton, suivie d’un long silence, qui est l’équivalent sonore du monochrome en peinture.
    • 1949

      Son service militaire achevé, Yves part en Angleterre avec Claude Pascal, afin d’améliorer son anglais. À Londres, il trouve un emploi chez l’encadreur Robert Savage, qui avait préparé l’exposition de Fred Klein à Londres en 1946. Le séjour chez Savage sera pour lui un apprentissage de la rigueur dans le travail. Yves pratique alors la dorure à la feuille d’or. Il poursuit en même temps les entraînements de judo.  

      Entre la fin 1949 et le début de 1950, Yves réalise ses premiers monochromes, à la gouache et au pastel sur papier ou sur carton et les expose dans sa chambre à Londres, pour ses amis.
    • 1950

      Le 4 avril 1950, Yves et Claude quittent Londres pour se rendre en Irlande, à Dublin. Peu après, ils s’installent et travaillent dans un club d’équitation, le Jockey Hall.  

      1950_2 Yves Klein en Irlande, 1950 Photo
      © Tous droits réservés


      Le 28 août, il retourne à Londres et reprend son travail chez l’encadreur Savage, puis rentre à Nice en décembre.

      1950_portrait_1 Yves Klein en Irlande, « Myself and co », 1950
      Photo © Tous droits réservés

    • 1951

      Le 3 février 1951, Yves Klein part pour Madrid afin d’y étudier l’espagnol. À l’origine, Claude Pascal et Yves avaient projeté un tour du monde initiatique. Des ennuis de santé empêchèrent Pascal de partir. Il continue à pratiquer le judo, visite des musées et se rend à Tolède. Non sans difficultés, il réussit à trouver du travail : il donne des cours de français et à partir du mois d’avril, enseigne le judo dans le club Bushido Kwaï où il se lie d’amitié avec le directeur Fernando Franco de Sarabia, fils d’éditeur. Pendant son séjour, Yves réalise des peintures monochromes.  

      1951_2 Rose Raymond (à gauche) et Yves Klein à Tolède, Espagne, juin 1951
      Photo © Tous droits réservés

      1951_4 Extraits du Journal d’Espagne d’Yves Klein
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1951_1 Yves Klein devant l’œuvre de El Greco, "San Juan Evangelista", Musée du Prado, 1954
      Photo © Tous droits réservés

      1961_madrid Yves Klein à Madrid, 1951 ca.
      Photo © Tous droits réservés

      En octobre, Yves s’installe à Paris et prend contact par courrier avec l’Institut franco-japonais de Tokyo.
    • 1952

      En juin 1952, Yves publie son article « Des bases (fausses), principes, etc. et condamnation de l’évolution », dans le premier numéro de la revue lettriste Soulèvement de la jeunesse.  

      Le 22 août, Yves embarque à Marseille sur La Marseillaise pour le Japon. Il fera escale à Port-Saïd, Djibouti, Colombo, Singapour, Saigon, Manille et Hong Kong.  

      1952_1 Yves Klein sur le pont de « La Marseillaise » en direction de l’Asie, 1952
      Photo © Tous droits réservés


      Le 23 septembre, il arrive à Yokohama, accueilli par des amis de sa famille dont le critique d’art Takachiyo Uemura. Il passera quinze mois au Japon.  

      1952_3 Yves Klein en escale à Hong Kong, 14 – 18 septembre 1952
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      Au Japon, il partage son temps entre l’Institut de judo Kôdôkan et les leçons de français qu’il donne à des étudiants américains et japonais. Durant ce séjour, il prépare un livre sur le judo dans le but d’importer en Europe l’esprit et la technique des Katas japonais.

      1952_5 Yves Klein à l’institut Kodokan, Tokyo, 1952
      Photo © Tous droits réservés


    • 1953

      En janvier 1953, Yves devient ceinture noire 1er dan. Avec Harold Sharp, un ami américain, il commence à réaliser des films documentaires sur le judo montrant des mouvements effectués par de grands maîtres japonais. En prévision du livre qu’Yves envisage de publier sur le judo, Sharp fait aussi de nombreuses prises de vue de son ami en train de réaliser des combats et des “katas”.  

      Yves organise les expositions « Marie Raymond & Fred Klein » à l’Institut franco-japonais de Tokyo et à la Bridgestone Gallery de Tokyo. La vente d’œuvres de ses parents l’aide à financer son séjour. À l’occasion d’une soirée avec des amis, il expose dans son appartement des gouaches monochromes.  

      1954_3 Marie Raymond, Yves Klein et Fred Klein, Paris, 1954
      Photo © Tous droits réservés

      A la mi-mai, il résilie son adhésion à la Rosicrucian Society of Oceanside.  

      Au cours de l’année, il propose à un producteur japonais de réaliser un film qu’il intitulera « La marque de l’immédiat » dans son journal Dimanche 27 novembre (1960). Il conçoit aussi un film expérimental visant à créer des formes abstraites dynamiques et des empreintes sur la pellicule à partir de mouvements de judo.  

      En décembre, le Kôdôkan lui décerne le 4e dan de judo.  

      Fin décembre, il quitte le Japon sur La Marseillaise et arrive en France début février 1954.
  • 1954 - 1957

    L’envol international

    À son retour du Japon, il publie en Espagne Yves peintures et à Paris le livre Les Fondements du judo. Ces publications reflètent la double carrière de judoka et d’artiste qu’il mène alors de front.

    Ses tableaux Monochromes, d’abord de différentes couleurs, sont présentés pour la première fois au club des Solitaires en 1955, puis à la galerie Colette Allendy l’année suivante.

    Au cours de l’année 1957, Yves met au point la fabrication de la couleur qu’il dénommera l’IKB (International Klein Blue) caractéristique des œuvres de son « Epoque bleue » et qui sera jusqu’en 1959 sa signature.

    Les expositions à Milan, Paris, Düsseldorf et Londres donnent à « Yves le Monochrome » une stature internationale. En mai 1957, deux expositions conjointes sont organisées à Paris.  « Yves Klein : Propositions monochromes » est présentée à la galerie Iris Clert et à la Galerie Collette Allendy. C’est lors du vernissage chez Iris Clert qu’il réalise sa première action, la Sculpture aérostatique, un lâcher de 1001 ballons bleus place Saint-Germain-des-Prés.
    • 1954

      De retour à Paris, il se heurte à la méfiance du milieu professionnel et institutionnel du Judo. La Fédération française de Judo refuse d’homologuer son diplôme japonais.   

      En avril, il signe un contrat avec l’éditeur Bernard Grasset pour son livre sur le judo Les Fondements du judo.  

      En mai, sur invitation de Fernando Franco de Sarabia, il s’installe à Madrid. Il enseigne le judo au club Bushido Kwaï et devient conseiller technique de la Fédération espagnole de Judo. Dans sa salle de judo, il accroche des peintures monochromes. Il visite Barcelone, Saint-Sébastien et Valence.

      1954_6 Carte de conseiller technique de la Fédération Espagnole de Judo à Madrid, 1954
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      En novembre Yves Klein publie Yves Peintures et Haguenault Peintures. Ces deux recueils de monochromes sont réalisés et édités par l’atelier de gravure de Fernando Franco de Sarabia, à Jaen, près de Madrid. La préface signée Pascal Claude est composée de lignes noires en place du texte. Les dix planches en couleurs sont constituées de rectangles unicolores découpés dans du papier et accompagnés de dimensions en millimètres. Chaque planche indique un lieu différent de création, Madrid, Nice, Tokyo, Paris. Haguenault Peintures porte des mentions de collections. Ces deux ouvrages constituent le premier geste public d’Yves. Yves Peintures et Haguenault Peintures sont des œuvres d’art par lesquelles Yves Klein pose la question de l’illusion dans l’art. 

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      PEI_003_H_Web « Yves Peintures », 1954
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      À la suite d’une mésentente avec le président de la Fédération espagnole de Judo, Yves démissionne.  

      Début décembre, il rentre en France et s’installe à Paris.  

      En décembre, son livre Les Fondements du Judo, paraît aux Editions Bernard Grasset.  

      1954_2 Yves Klein « Les Fondements du Judo », Editions Bernard Grasset, Paris, 1954
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      Ne pouvant participer aux championnats d’Europe de judo de Bruxelles, il y assiste en spectateur. Il fait ensuite un voyage aux Pays-Bas et en Belgique.  

      Au cours d’un « lundi » chez Marie Raymond, Hains et Villeglé présentent deux films expérimentaux, Yves montre ses films sur le judo.  

      Fin 1954, Yves réalise l’esquisse de scénario La Guerre (de la ligne et de la couleur) ou (vers la proposition monochrome).
    • 1955

      Le 13 janvier 1955, dans un café parisien, Yves montre à des peintres abstraits, parmi lesquels Michel Seuphor, sa publication Yves peintures.    

      Le 23 février, il est engagé comme enseignant de judo à l’American Students and Artists Center du boulevard Raspail. Il maintiendra cette activité jusqu’à fin 1959.

      1955_11 Affiche des cours de Judo donnés par Yves Klein à l’American Students and Artists Center, 261 Boulevard Raspail, Paris, 1955
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 1er juillet, Le comité d’organisation du Salon des Réalités Nouvelles consacré à l’art abstrait, refuse de présenter son monochrome Expression du monde de la couleur mine orange. À cette occasion, il rencontre Jean Tinguely qui présente une œuvre au Salon.  

      1955_1 Yves Klein devant l’un de ses monochromes dans son atelier, Paris, 1955
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1955_m_060 « Expression de l’univers de la couleur mine orange », (M_060), 1955
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Fin septembre, Yves ouvre une école de judo à Paris avec l’aide financière de sa mère et de sa tante au 104 boulevard de Clichy. Il y accroche de grands monochromes de couleurs variées.  

      1955_7 Carte de professeur de Judo d’Yves Klein, Académie de Paris, 104 boulevard de Clichy, Paris, 1955
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      Le 15 octobre, s’inaugure sa première exposition personnelle « Yves, Peintures » au Club des Solitaires, dans les salons privés des éditions Lacoste à Paris. Il y expose des peintures monochromes de couleurs différentes.  

      1955_9 Vernissage de l’exposition « Yves Peintures », Club des Solitaires - Éditions Lacoste, Paris, octobre 1955
      Photo © Tous droits réservés

      Le 1er décembre, Yves fait la connaissance du critique d’art Pierre Restany.
    • 1956

      Du 21 février au 7 mars, dans l’exposition « Yves, Propositions Monochromes » à la galerie Colette Allendy au 67 rue de l’Assomption à Paris, Yves présente des tableaux monochromes de couleurs différentes. Pierre Restany rédige le texte de présentation, « La minute de vérité », imprimé sur le carton d’invitation. Le 2 mars, dans le cadre de l’exposition, est organisé un débat. Parmi les participants : Pierre Restany, Claude Rivière, Louis-Paul Favre, Bernadette Allain et Henri-Jean Closon, commissaire général du Salon des Réalités Nouvelles en 1955.

      1956_4 Affiche de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Colette Allendy, Paris, 21 février - 7 mars 1956
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Yves rencontre, dans la galerie Allendy, Marcel Barillon de Murat, chevalier de l’ordre des Archers de Saint Sébastien, qui lui propose d’adhérer à la confrérie. Le 11 mars, dans l’église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris, Yves est adoubé chevalier de l’ordre des Archers de Saint Sébastien. Il choisit comme devise : « Pour la couleur ! Contre la ligne et le dessin ! »

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      1956_7 Adoubement d’Yves Klein à l’ordre des Archers de Saint Sébastien, Eglise Saint-Nicolas-des-Champs, Paris, 11 mars 1956 
      Photo © Tous droits réservés

      En mai, le magazine Science et Vie consacre un article au évoquant l’activité sportive d’Yves Klein. En couverture, une image d’Yves s’exerçant au judo.

      Durant l’été 1956, il doit fermer son école de judo pour des raisons financières.

      Du 4 au 31 août, il participe avec Tinguely, au 1er Festival de l’Art d’avant-garde présenté à la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille.  

      1956_avantgarde_1 Monochrome d’Yves Klein exposé lors du 1er Festival de l’Art d’avant-garde, Cité Radieuse, Marseille.  
      Photo © Tous droits réservés

      Yves se présente à Iris Clert, en lui apportant dans sa galerie récemment ouverte un Monochrome orange.   

      Le 7 novembre, il installe son atelier au 9 rue Campagne-Première dans le quartier de Montparnasse à Paris.

      En novembre, Guido Le Noci, le directeur de la Galleria Apollinaire de Milan, rend visite à Yves dans son nouvel atelier et fixe son exposition personnelle pour le mois de janvier suivant.

      Au cours de l’année, Yves met au point la fabrication de la couleur bleue ultramarine qui caractérisera les œuvres de son « époque bleue » et qu’il dénommera l’IKB (International Klein Blue).
    • 1957

      Présentée du 2 au 12 janvier 1957, l’exposition « Yves Klein, Proposte monocrome, epoca blu » à la Galleria Apollinaire, via Brera à Milan consiste en onze Monochromes bleus de même format accrochés dans une salle et un Monochrome rouge dans une autre pièce. Le carton d’invitation comporte un texte de présentation de Pierre Restany « Il secondo minuto della verità ». Yves rencontre Lucio Fontana qui achète un Monochrome bleu et se lie d’amitié avec lui. Piero Manzoni aussi fait la connaissance d’Yves et visite plusieurs fois son exposition.  

      1957_epoca_blu Vue de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, 2 – 12 janvier 1957 Photo
      © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1957_epoca_blu_2 Yves Klein réalisant une prise de Judo lors de son exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, janvier 1957 Photo © Fedele Toscani - Alinari Archives
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017
      1957_apo_2 Carton d’invitation de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, 2 – 12 janvier 1957
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017
      1957_apo_7 Yves Klein, Adriano Parisot, Lutka Pink, Pierre Restany, Ada Parisot, lors de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, janvier 1957
      Photo © Foto Mercurio


      En février, il participe à la « Première exposition de psychogéographie » à la galerie Taptoë de Bruxelles et au Salon « Comparaisons » au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.  

      En mars, Yves rencontre l’architecte allemand Werner Ruhnau et l’artiste Norbert Kricke à l’occasion de l’exposition des œuvres de Kricke à la galerie Iris Clert.  

      Du 12 avril au 8 mai, Yves participe au « Micro-Salon d’avril » à la galerie Iris Clert dans lequel sont présentées des œuvres de petit format de plus de cent artistes parmi lesquels ses parents.  

      En mai 1957, il présente deux expositions conjointes à Paris, « Yves Klein : Propositions monochromes» simultanément à la galerie Iris Clert et à la galerie Collette Allendy. Le carton d’invitation commun, en forme de carte postale, est affranchi avec un timbre-poste bleu. Pierre Restany y annonce les deux expositions de l’« époque bleue ». Yves fait réaliser un film sur les deux manifestations, la bande-son est constituée par les « Cris bleus » de Charles Estienne.  

      1957_allendy_1 Carton d’invitation avec timbre bleu de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes » Galerie Iris Clert et Galerie Collette Allendy, Paris, mai 1957
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Chez Iris Clert, Yves choisit de présenter ses Propositions monochromes comme il l’avait fait à Milan. L’avènement de l’« époque bleue » est célébré par un lâcher de 1001 ballons bleus dans le ciel de Paris lors de l’inauguration. Klein qualifiera cette action de Sculpture Aérostatique.

      1957_clert_4 Les ballons bleus de la Sculpture Aérostatique réunis devant la Galerie Iris Clert le 10 mai 1957, le soir du vernissage de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », avant qu’ils ne soient transportés devant l’Eglise Saint-Germain-des-Prés pour être lâchés dans le ciel
      Photo © Paul Sarisson
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      Chez Colette Allendy, Yves présente un ensemble d’œuvres annonçant ses développements futurs : sculptures, environnement, bacs de pigment pur, paravent, la première peinture de feu Feux de Bengale-tableau de feu bleu d’une minute et le premier Immatériel. En effet, un panneau annonce la suite de l’exposition au premier étage : « Surfaces et blocs de sensibilité picturales. Intentions picturales ». Cette salle est laissée entièrement vide. Un film de l’exposition a été réalisé par Yves Klein.    

      1957_allendy_5 Yves Klein dans le jardin de la Galerie Colette Allendy, à côté de son « Tableau de feu bleu d’une minute » (M 41), à l’occasion du vernissage de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », mai 1957
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      1957_imma_023 Yves Klein présentant une « Intention picturale » Galerie Colette Allendy, Paris, à l’occasion de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », mai 1957
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      Du 31 mai au 23 juin 1957, l’exposition « Yves, propositions monochromes » inaugure la galerie Schmela de Düsseldorf avec des peintures monochromes de couleurs différentes. Sur le carton d’invitation est imprimé en français le texte de Pierre Restany, « La minute de vérité ». Lors de cette exposition, Yves Klein se lie aux artistes du groupe ZERO (Otto Piene et Heinz Mack) ainsi qu'avec la jeune scène artistique de Düsseldorf.

      1957_schmela_1 Carton d’invitation de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Schmela, Düsseldorf, 31 mai - 23 juin 1957
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1957_schmela_4 Yves Klein, Iris Clert et Alfred Schmela (au centre) lors du vernissage de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Schmela, Düsseldorf, 31 mai 1957
      Photo © Tous droits réservés


      Du 24 juin au 13 juillet, se tiendra l’exposition «Monochrome Propositions of Yves Klein » à la Gallery One de Londres. Sont exposées des peintures monochromes de couleurs différentes. Le carton d’invitation avec texte de Restany traduit en anglais par « An act of truth ». Dans ce cadre, le 26 juin a lieu à l’Institute of Contemporary Arts, un débat public avec Klein et Restany, présidé par Lawrence Alloway.  

      1957_one_4 Yves Klein avec l’une de ses Sculptures Eponges lors du vernissage de l’exposition « Monochrome Propositions of Yves Klein », Gallery One, Londres, 24 juin 1957
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Durant l’été, Yves rencontre Rotraut Uecker (Rerik, 1938) à Nice. Artiste allemande qui travaille comme jeune fille au pair chez Arman et qui deviendra son assistante, puis son épouse.  

      En septembre, il signe le manifeste Contro lo stile, Contre le style, The end of style, publié à Milan. Parmi les autres signataires : Arman, Baj, Bemporad, Bertini, Colucci, Dangelo, Manzoni, Arnaldo Pomodoro, Giò Pomodoro, Pierre Restany, Saura, Sordini, Vandercam, Verga.  

      En mai, Yves Klein avait posé sa candidature pour la décoration de l’Opéra de Gelsenkirchen, dans la Ruhr, en Allemagne. Il s’y rend en novembre pour exposer à l’architecte Werner Ruhnau sa technique des reliefs éponges, puis en décembre à l’occasion de l’exposition des plans et des maquettes du concours. Yves fait partie du « groupe Kricke » constitué aussi, à cette époque, par Robert Adams, Kurt Neyers et Emil Schumacher.  

      Entre mai et décembre, il participe à Milan aux expositions « Opere delle collezioni private di Lucio Fontana e di Bruno Munari » à la Galleria Blu, « Micro-Salon di Iris Clert di Parigi in esclusività per l’Italia » à la Galleria Apollinaire, « Arte Nucleare 1957 » à la Galleria San Fedele et à Rome au « Micro Salon » à la Galleria La Tartaruga. Il participe également à l’exposition « Ouverture sur le futur » à la galerie H. Kamer à Paris et à l’exposition « Internationaler Bericht der Gesellschaft der Freunde Junger Kunst » à la Kunsthalle de Düsseldorf.
  • 1958 - 1960

    Le dépassement de la problématique de l’art

    Lauréat d’un concours international lancé en 1957 par la municipalité de la ville de Gelsenkirchen en Allemagne, Yves Klein reçoit la commande d’un ensemble de Reliefs éponges et de panneaux monochromes monumentaux.

    Au même moment, Yves Klein cherche à aller au-delà d’une définition convenue de l’art : il expose des espaces vides, fait des déclarations à valeur d’œuvre. L’Immatériel que l’artiste « spécialise » est l'objet de transactions en échange d’or, à la fois métal noble et couleur, qui prend alors une place singulière dans son travail.

    L’espace public (illumination de l’obélisque de la place de la Concorde) et les médias (édition de Dimanche 27 novembre) apparaissent, grâce à lui, comme autant de nouveaux territoires de l’art.

    Forces et éléments naturels deviennent aussi la matière première de ses Cosmogonies. Sa réflexion sur l'art l’amène à imaginer de nouveaux rapports avec ses modèles qui deviennent les « pinceaux vivants » des Anthropométries.

    Sa collaboration avec l'architecte Claude Parent pour le projet d’Architecture de l’air fera date.

    Le 27 octobre 1960, dans son appartement a lieu la signature du manifeste des Nouveaux Réalistes.
    • 1958

      Le 13 février 1958, Yves signe son contrat pour le décor du nouveau théâtre de Gelsenkirchen. Il fait partie de l’équipe internationale lauréate du concours, constituée par les Allemands Norbert Kricke et Paul Dierkes, par le Britannique Robert Adams et par le suisse Jean Tinguely. Yves est chargé de la réalisation de six panneaux monumentaux.  

      Le 24 avril, sous le titre « Le tableau rouge » (« Das Rote Bild »), a lieu la septième « exposition d’un soir » d’artistes européens organisée par Otto Piene et Heinz Mack dans leurs ateliers à Düsseldorf. Yves Klein y expose une assiette rouge (M 83). À cette occasion, paraît le numéro 1 de la revue allemande Zero, publiant le texte de Klein « Ma position dans le combat de la ligne et de la couleur ».  

      web_1958_1960M_083_01 Monochrome rouge sans titre (M 83)
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 26 avril, à 23 h, en présence d’Yves et d’Iris Clert, l’EDF (Électricité de France) procède à un essai préliminaire d’illumination en bleu de l’obélisque de la place de la Concorde, en préparation de la soirée du 28 avril.  Le but d'Yves Klein est de compléter l’inauguration de sa future exposition chez Iris Clert, prévue deux jours plus tard, par l’éclairage du monument.  

      Du 28 avril au 12 mai, se tient son exposition personnelle « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » à la galerie Iris Clert, Paris. Cette exposition est connue comme l’exposition du « Vide » et désignée comme étant le début de l’« époque pneumatique ». Pour cette exposition, Yves conçoit un carton d’invitation composé d’un texte de Pierre Restany, un bon d’entrée (à savoir que ceux qui n’en étaient pas munis, devait un prix d’entrée de 1500 F) et une enveloppe affranchie avec une timbre-poste bleu. À l’extérieur, la vitrine de la galerie est peinte en bleu et l’entrée du bâtiment est décorée d’un dais recouvert de tissu bleu. À l’intérieur de la galerie, présentation “d’une ambiance, d’un climat pictural réel et à cause de cela même invisible” (Yves Klein, Le dépassement de la problématique de l'art, 1959); à cette fin, les murs et la vitrine sur rue ont été peint en blanc par Yves Klein. Le jour du vernissage, des gardes républicains se tiennent à l’entrée et un service d’ordre est mis en place. Un cocktail bleu est servi au public. Ce jour même, l’éclairage de l’obélisque de la place de la Concorde est refusé par la préfecture de la Seine. La fermeture de l’exposition, prévue le 5 mai, est différée d’une semaine. Un film documente l’exposition. Après le vernissage, à la brasserie La Coupole, Yves tient un discours solennel sur l’événement et sur ses nouvelles perspectives.  

      1958_clert_1 Carton d’invitation de l’exposition « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1958_clert_3

      1958_clert_4
      Vues de l’exposition « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 5 juin 1958, Yves expérimente pour la première fois, devant un public restreint, la réalisation d’une peinture à l’aide d’un « pinceau vivant ». Le terme Anthropométrie pour définir ces œuvres ne sera adopté par Pierre Restany que deux ans plus tard. Cette soirée-événement a lieu au 9 rue le Regrattier, en l’Île Saint-Louis à Paris, dans l’appartement de son ami Robert Godet, président de la Fédération internationale de Judo, éditeur et collectionneur d’art contemporain.  

      1958_godet_2 Première expérimentation des « pinceaux vivants », Paris, 1958
      Photo © Tous droits réservés

      En juin, Yves se rend à Gelsenkirchen pour présenter ses maquettes et ses dessins de reliefs éponges. Sur le chemin du retour, il visite l’« Exposition universelle et internationale » de Bruxelles.  

      Durant l’été, il s’installe au 14 rue Campagne-Première à Paris. Suite au refus par le Salon des Réalités Nouvelles d’une oeuvre qu’Yves et Tinguely envisageaient de réaliser en collaboration (Méta-morphe sur une exaspération monochrome), les deux artistes font le projet de prendre possession de l’espace du Salon avec une illumination sauvage en bleu des œuvres exposées qu’ils nomment « Colonisation par le bleu ». Les deux amis décident également de réaliser une exposition en commun à la galerie Iris Clert.  

      En septembre, Yves voyage avec sa tante Rose en Italie. Il se rend à Cascia en Italie où il dépose un Monochrome IKB au sanctuaire de sainte Rita, en action de grâce pour la commande de Gelsenkirchen.  

      En octobre, il commence à travailler sur le chantier de Gelsenkirchen où il réalise ses premiers Reliefs éponges. Il est assisté de Jean-Pierre Mirouze et de Rotraut Uecker. Il fera de nombreux séjours à Gelsenkirchen jusqu’au printemps 1959.  

      1958_opera_4 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Ilse Pässler

      web_1958_1960YK ph_0240 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      web_1958_1960YK ph_1029 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      web_1958_1960YK ph_1134 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Ilse Pässler

      Le 17 novembre, ouverture de l’exposition « Yves Klein et Jean Tinguely, Vitesse pure et stabilité monochrome » à la galerie Iris Clert. Le carton d’invitation est en forme de petit disque monochrome bleu. Les deux artistes présentent des œuvres réalisées en collaboration.  

      1958_vitesse_2 Carton d’invitation de l’exposition « Yves Klein et Jean Tinguely, Vitesse pure et stabilité monochrome », Galerie Iris Clert, 1959
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1958_vitesse_1 Jean Tinguely et Yves Klein, Impasse Ronsin, 1959
      Photo © Martha Rocher
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      © Jean Tinguely, ADAGP, Paris

      Le 22 novembre, Yves soumet à la Commission du théâtre de Gelsenkirchen un discours traduit par Konrad Klapheck et lu par Werner Ruhnau, grâce auquel il obtient l’agrément du bleu comme couleur unique pour l’ensemble de ses œuvres.  

    • 1959

      Entre janvier et mai 1959, Yves travaille au chantier de Gelsenkirchen. Après le départ de Rotraut, il bénéficie de l’assistance de Tinguely comme interprète. Par la suite, Tinguely participera aussi au décor du théâtre, ayant obtenu, en mars 1959, une commande pour deux reliefs mobiles.  

      Le 30 janvier, à l’occasion du vernissage de l’exposition « Concert Nr. 2 » de Jean Tinguely à la galerie Schmela de Düsseldorf, Yves prononce un discours sur la collaboration entre artistes créateurs. La manifestation est aussi célébrée avec une fête de trois jours en costume, en l’honneur de Tinguely et de Klein, dans l’atelier de Gunther Uecker, à Düsseldorf.  

      En mars, il participe à l’exposition « Vision in Motion-Motion in Vision » à l’Hessenhuis à Anvers, première exposition collective du groupe ZERO. Les commissaires de l’exposition sont Pol Bury, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Paul van Hoeydonck. Le jour du vernissage, Yves prononce dans l’emplacement qui lui est réservé une phrase d’après Bachelard : “D’abord il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue”, il propose de la sensibilité picturale immatérielle au prix d’un kilo d’or pur.    

      1959_hessenhuis_4 Dîner à l’occasion de l’exposition « Vision in Motion–Motion in Vision » au Hessenhuis, Anvers, le 21 mars 1959. De gauche à droite : Margret Mack, Heinz Mack, Otto Piene, Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Pol Bury, Yves Klein et le poète Emmett Williams
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      Le 27 mars, Yves Klein et Werner Ruhnau signent un projet pour la création d’un Centre de la Sensibilité (« Schule der Sensibilität »): "L’architecture immatérielle sera le visage de cette école. Elle sera inondée de lumière. Vingt maîtres et trois cents élèves y travailleront sans programme d’enseignement ni jury d’examen » (Yves Klein, Le dépassement de la problématique de l'art, 1959)    

      Le 14 avril, Yves dépose à l’INPI (Institut national de la Propriété industrielle) des projets pour un toit d’air, des jets d’eau et de feu et pour un « tube en aluminium lévitant » en deux enveloppes Soleau.  

      Le 17 avril s’ouvre l’exposition « Reliefs lumineux et peintures de Mack » à la galerie Iris Clert. Yves rédige le texte de présentation, imprimé sur le carton d’invitation et propose dans la salle d’exposition la Symphonie Monoton-Silence.  
      Entre mai et juin, il fait un nouveau pèlerinage au monastère de Sainte Rita à Cascia.  

      Le 29 mai a lieu l’ouverture de l’exposition « La collaboration internationale entre artistes et architectes dans la réalisation du Nouvel Opéra et Théâtre de Gelsenkirchen » à la galerie Iris Clert, Paris. Y sont présentées les maquettes de Ruhnau, Kricke, Tinguely, Dierkes, Adams et Klein.  

      1959_international_3 Jean Tinguely, Yves Klein, Werner Ruhnau, René Brô, Iris Clert, Jesús-Rafael Soto, Galerie Iris Clert, Paris, mai 1959
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 3 juin, Yves donne une conférence à la Sorbonne intitulée « L’évolution de l’art vers l’immatériel », présentée par Iris Clert et suivie le 5 juin d’une communication de Werner Ruhnau intitulée « Le développement des arts plastiques et de l’architecture vers l’immatérialisation ». L’initiative est placée sous le patronage de l’ambassade d’Allemagne. La séance du 3 juin sera enregistrée.  

      1959_international_2 Carton d’invitation pour la « Conférence à la Sorbonne » d’Yves Klein, 1959
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      1959_sorbonne_2 Yves Klein lors de sa conférence à la Sorbonne, Paris, 3 juin 1959
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles

      web_1958_1960YK ph_0283 Yves Klein lors de sa conférence à la Sorbonne, Paris, 3 juin 1959
      Photo © Tous droits réservés

      Du 15 au 30 juin, se tient l’exposition « Bas-reliefs dans une forêt d’éponges » à la galerie Iris Clert.  

      1959_foret_4 Vue de l’exposition, « Bas-reliefs dans une forêt d’éponges », Galerie Iris Clert, Paris, 1959
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Photo © Louis Peltier

      Fin juin, Yves rencontre l’architecte Claude Parent qui va collaborer avec lui sur plusieurs projets d’Architecture de l’air. Parent et son collaborateur Sorgologo réalisent les dessins.  

      Le 30 juin, il dépose à l’INPI sous enveloppe Soleau le projet d’une Sculpture aéro-magnétique, invention qu’il date du mois d’avril 1959. Au cours de l’été, ses relations avec Iris Clert commencent à se dégrader.  

      Yves met au point le projet pour les carnets à souches des cessions de Zones de sensibilité picturale immatérielle, qu’Iris Clert fait imprimer.

      web_1958_1960IMMA_006 Carnet de reçus pour les Zones de sensibilité picturale immatérielle, (IMMA_006)
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      À la mi-novembre, il fixe la forme définitive du « rituel » des cessions. Le 18 novembre, Iris Clert envoie le reçu pour la première vente d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Peppino Palazzoli, directeur de la Galleria Blu à Milan. Celui-ci s’était porté acquéreur d’une œuvre immatérielle, au cours du mois d’août précédent, à la condition de recevoir un reçu signé par Yves. En décembre, Yves Klein organise les premières cessions d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle qu’il renouvellera avec différentes personnes.  

      1962_blankfort_9 Transfert à Michael Blankfort d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle, Pont-au-Double, Paris, 10 février 1962
      Photo © Gian Carlo Botti
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      En décembre également, il publie « Le Dépassement de la problématique de l’art », La Louvière, Edition de Montbliard.  

      1959_depassement_1 Le Dépassement de la problématique de l’art, La Louvière, Edition de Montbliard, 1959

      Le 15 décembre, Yves assiste à l’inauguration du nouveau théâtre de Gelsenkirchen.  

      1959_opera_1

      web_1958_1960YK ph_5068 Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, décembre 1959
      Photo © Tous droits réservés

      1958_opera_13 Monochrome bleu, Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1999
      Photo © David Bordes
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_1182 Relief Eponge et Monochrome bleu, Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1999
      Photo © David Bordes
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      À la mi-décembre, après un ralentissement de son activité d’enseignant de judo, il cesse définitivement ses cours à l’American Students and Artists Center.  

      Au cours de l’année 1959, il participe au « Micro-Salon » à la galerie Europe de Bruxelles, aux expositions « Dynamo 1 » à la galerie Renate Boukes de Wiesbaden, « Junge Maler der Gegenwart » à la Künstlerhaus de Vienne, « Kunstsammler an Rhein und Ruhr : Malerei 1900-1959 » au Städtisches Museum de Leverkusen, « Work in Three Dimensions » à la Leo Castelli Gallery de New York et à la Ire Biennale de Paris au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris inaugurée par André Malraux.  

      En Allemagne, Yves Klein et Jean-Pierre Mirouze créent un Projet de ballet sur aspect de fugue et choral. Yves en publiera un descriptif dans son journal Dimanche.
    • 1960

      Le 12 janvier 1960, Yves s’entraîne pour ce qui sera connu comme le Saut dans le vide, d’une fenêtre de la maison de Colette Allendy, 67 rue de l’Assomption, Paris, en présence de Bernadette Allain.  

      Il réalise ses premiers Monogolds faisant intervenir l’or fin dans leur composition, matériau aussi précieux que symbolique.  

      Le 23 février, à son domicile, Yves réalise les empreintes de Rotraut et de Jacqueline qui déposent les traces bleues de leur corps sur une grande feuille de papier blanc fixée au mur en présence de Pierre Restany. L’œuvre est nommée par les participants Célébration d’une nouvelle Ère anthropométrique. Avec ces traces inscrites sur le support, Klein veut fixer dans leur fugacité les marques des « États-moments de la chair ».  

      web_1958_1960YK ph_0465 Yves Klein réalisant une Anthropométrie dans son atelier 14 rue Campagne-Première, Paris, 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0438 Yves Klein réalisant une Anthropométrie dans son atelier 14 rue Campagne-Première, Paris, 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 2 mars, il dépose à l’INPI un brevet d’invention au titre : « Procédé de décoration ou d’intégration architecturale et produits obtenus par application dudit procédé », où est explicité le procédé des « pinceaux vivants ».  

      Le 9 mars, Yves réalise la performance Anthropométries de l’époque bleue, devant un public choisi, réuni à la galerie internationale d’Art contemporain au 253 rue Saint-Honoré à Paris dirigée par le comte Maurice d’Arquian.  

      La séance s’ouvre avec la Symphonie Monoton-Silence, dirigée par Yves et exécutée par trois violons, trois violoncelles et trois choristes. Trois modèles nus entrent sur scène et réalisent des empreintes de leur corps sur les indications de l’artiste. Après la séance a lieu un débat général auquel participent Pierre Restany et Georges Mathieu.

      1960_anthropo2_8 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0382_Web_2017 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0326 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017


      web_1958_1960YK ph_0384 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      En mars, Yves réalise ses premières Cosmogonies, œuvres produites à l’aide de phénomènes atmosphériques et d’éléments naturels. Au cours d’un voyage de Paris à Nice, il fixe sur le toit de sa voiture un papier fraîchement peint en bleu et laisse agir sur lui les agents météorologiques. Le 23 mars, à l’embouchure du Loup, à Cagnes-sur-Mer, il recourt à des empreintes de végétaux et à l’eau de la rivière dans laquelle il plonge des œuvres.  

      1960_cosmo_4 Yves Klein réalisant une Cosmogonie, Berges du Loup, 1960
      Photo © Rotraut
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0491 Yves Klein réalisant une Cosmogonie, Berges du Loup, 1960 Photo © Rotraut
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 16 avril, Pierre Restany publie à Milan un texte intitulé Les Nouveaux Réalistes en prévision de l’exposition collective du mois de mai suivant à la Galleria Apollinaire. Le critique désignera par la suite ce texte comme le premier manifeste du mouvement.  

      Le 23 avril, Yves fonde l’ADAM (Association pour le Dépassement de l’Art moderne) à La Coupole. Cette séance sera la seule tenue par l’association.  

      Le 29 avril, Yves dépose à l’INPI un brevet d’addition au procédé des « pinceaux vivants ».  

      En mai, il fonde avec Restany, Mirouze, Pascal et Arman l’International Klein Bureau, qui permet à chaque membre de réaliser et de signer de son nom des Monochromes IKB.  

      Le 19 mai, il dépose à l’INPI la formule de l’International Klein Blue (IKB), le projet du Rocket pneumatique et des procédés de traitement pour papier d’imprimerie sous trois enveloppes Soleau.  

      Du 11 octobre au 13 novembre se tient l’exposition « Yves Klein le Monochrome », à la galerie Rive Droite, Paris, dirigée par Jean Larcade. C’est la première présentation de la triade de couleurs : bleu, or et rose.  

      1960_rivedroite_1 Affiche de l’exposition « Yves Klein le Monochrome », Galerie Rive Droite, Paris, 1960
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 19 octobre 1960 Yves se lance dans le vide au 3 rue Gentil-Bernard à Fontenay-aux-Roses. Les photographes Harry Shunk et John Kender effectuent les prises de vue du Saut dans le vide et le montage de la scène qui sera publiée, le 27 novembre suivant, dans le journal Dimanche publié par l’artiste sous le titre « Un homme dans l’espace ! ». Yves établit que cet événement marque la fin de son activité de judoka.  

      1960_saut_1 Le Saut dans le vide, 5, rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses, octobre 1960 Le titre de cette œuvre d'Yves Klein d'après son journal « Dimanche 27 novembre 1960 », est : « Un homme dans l'espace ! Le peintre de l'espace se jette dans le vide ! », 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 27 octobre date la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes, dans l’appartement d’Yves au 14 rue Campagne-Première à Paris. La Déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes rédigée par Pierre Restany est signée par Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Raysse, Restany, Spoerri, Tinguely et Villeglé. César et Rotella ont été invités mais sont absents. Au groupe se joignent plus tard Niki de Saint-Phalle, Gérard Deschamps et Christo. Les neuf participants signent les neufs exemplaires de la déclaration.  
      Le 28 octobre, Klein réunit Arman, Hains, Raysse, Restany et Tinguely afin de réaliser une Anthropométrie suaire collective. Par ce geste Klein intègre les Nouveaux Réalistes à son œuvre.  

      1960_declaration_1 Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, 1960
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017
      © Tous droits réservés

      1960_declaration_2 Réunion pour la signature de la "Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme" dans l’appartement d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris, 27 octobre 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

      1960_declaration_3 Réunion pour la signature de la "Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme" dans l’appartement d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris, 27 octobre 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

      Le 10 novembre, Yves réalise L’Anthropométrie collective des Nouveaux Réalistes avec Arman, Hains, Restany et Tinguely.  

      Du 16 novembre au 15 décembre se tient le IIIe Festival de l’Art d’avant-garde au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Les deux œuvres de Klein, Ci-gît l’espace et l’Anthropométrie collective des Nouveaux Réalistes, sont endommagées par un acte de vandalisme. Le dimanche 27 novembre, dans le cadre des représentations théâtrales du festival, Yves présente le Théâtre du vide, “une ultime forme de théâtre collectif qu’est un dimanche pour tout le monde” (Yves Klein, Dimanche, Le journal d’un seul jour, 1960). Le même jour, il diffuse, dans quelques kiosques à journaux de Paris, Dimanche, le journal d’un seul jour, et il tient une conférence de presse à la galerie Rive Droite.  

      1960_dimanche_1 Dimanche 27 novembre 1960 – Le Journal d’un seul jour, 1960
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0434 Kiosque parisien vendant le journal Dimanche 27 novembre 1960 – Le Journal d’un seul jour, 27 novembre 1960
      Photo © Hans Haacke
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      En 1960, Yves participe à Milan aux expositions « La nuova concezione artistica » à galerie Azimut et  « Arman, Hains, Dufrêne, Yves le Monochrome, Villeglé, Tinguely » à la Galleria Apollinaire. À Paris, il participe à l’exposition « Antagonismes » au Musée des Arts décoratifs et à l’exposition « Hommage à Colette Allendy » à la galerie Colette Allendy. Enfin, il fera également partie des expositions « Paris Obsessions » à la Staempfli Gallery de New York et « Monochrome Malerei » au Städtisches Museum Leverkusen.
  • 1961 - 1962

    La construction du mythe

    Artiste radical, Klein constitue un modèle pour les artistes européens du groupe Zero.

    En octobre 1960, il expose à la galerie Rive Droite à Paris, chez Leo Castelli à New York et à la Dwan Gallery à Los Angeles en 1961.

    En janvier 1961, le Museum Haus Lange de Krefeld propose la première rétrospective institutionnelle de son œuvre.

    En mars et juillet 1961, Yves Klein réalise des Peintures de Feu au Centre d’essai de Gaz de France.

    N’hésitant pas à prendre son image et sa vie privée comme matériaux de son art, Yves Klein participe à la construction de son mythe ; sa collaboration avec de nombreux photographes et réalisateurs en témoigne. Alors qu’il entreprend des Portraits reliefs de ses amis Arman, Claude Pascal et Martial Raysse, il décède d’une crise cardiaque le 6 juin 1962, à l’âge de 34 ans.

    Outre une œuvre exceptionnelle, il laisse derrière lui des écrits clairvoyants.
    • 1961

      Le 5 janvier, Yves dépose à l’INPI un brevet pour un modèle de « table en verre soutenue par des pieds en métal chromé ou nickelé ».  

      1961_krefeld_7 Yves Klein dans la salle vide dévolue à la « Sensibilité Picturale Immatérielle », Museum Haus Lange, Krefeld, janvier 1961
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Du 14 janvier au 26 février, se déroule sa première rétrospective institutionnelle « Yves Klein : Monochrome und Feuer » au Museum Haus Lange de Krefeld en Allemagne. La rétrospective est réalisée, en étroite collaboration entre Yves et Paul Wember, le directeur du musée. Yves Klein réalise là sa plus importante rétrospective. Il y expose des monochromes bleu, rose et or, son projet d’Architecture de l’Air, la Salle vide, un espace immatériel qui depuis fait partie de la collection permanente du musée. Le Mur de feu à l’extérieur, est composé de 50 brûleurs alignés. L’allumage des éléments, dans l’obscurité, est spectaculaire. Les rosaces en forme de marguerites montrent, si l’on s’en approche, les couleurs décomposées de la flamme : bleu, or et rose. Non loin du Mur, jaillit la flamme de La Sculpture de Feu. Le 26 février, date de la fermeture de l’exposition, Klein réalise les premières Peintures de Feu. Une large feuille de papier ou de carton est offerte aux flammes des becs Bunsen, et porte la marque des rosettes seules, ou des rosettes accompagnées de la trace de La Sculpture de Feu.

      1961_krefeld_13 Mur de Feu et Fontaine de Feu dans le jardin du Museum Haus Lange, Krefeld, janvier 1961
      Photo © Bernward Wember
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1960_YK ph_1180 Vue de l’exposition « Monochrome und Feuer », Museum Haus Lange, Krefeld, janvier 1961
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_1015 Vue de l’exposition « Monochrome und Feuer », Museum Haus Lange, Krefeld, janvier 1961
      Photo © Tous droits réservés
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      En février, il accomplit un pèlerinage à Monastère de Sainte Rita à Cascia où il offre en ex-voto un coffret en plexiglas, divisé en plusieurs compartiments et contenant des pigments bleu et rose, des feuilles et des lingots d’or, et une prière manuscrite. Cette œuvre n’a été découverte qu’à la suite d’un tremblement de terre de septembre en 1979 et authentifiée par Pierre Restany en 1980.  

      1961_sterita_1 Soeur Andreina avec l'Ex-voto dédiée par Yves Klein à Santa Rita of Cascia, Cascia, Italie 1999 De la série « Les Gardes »
      Photo © David Bordes
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 20 février, le tournage d’une séance d’Anthropométries est réalisé dans l’atelier du photographe Charles Wilp, à Düsseldorf, pour une émission de la BBC, « The Heartbeat of France », diffusée le 14 juin suivant.  

      En mars, Yves réalise les premières séances de Peintures de Feu au Centre d’essai de Gaz de France à La Plaine-Saint-Denis, près de Paris. 

      1961_feu_11 Yves Klein réalisant une Peinture de Feu au Centre d’Essai du Gaz de France, Saint-Denis,
      Photo © Louis Frédéric
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      Le 26 mars, Yves et Rotraut Uecker arrivent à New York. Ils s’installent au Chelsea Hotel. Au cours de son séjour, Yves rencontre de nombreux artistes dont Duchamp, Johns, Kline, de Kooning, Newman, Rauschenberg, Rothko et Rivers.  

      Du 11 au 29 avril se tient l’exposition « Yves Klein le Monochrome » à la Leo Castelli Gallery de New York.  

      Yves rédige, en anglais, le Chelsea Hotel Manifesto.  

      Le 17 mai, il présente devant des représentants du monde de l’art de New York ses films sur des séances d’Anthropométrie et sur l’exposition de Krefeld. La projection a lieu dans l’agence de publicité Park Avenue offices of Foote, Cone and Belding.  

      Du 17 mai au 10 juin se déroule l’exposition « À 40° au-dessus de Dada » à la galerie J à Paris. L’exposition des Nouveaux Réalistes organisée par Pierre Restany a lieu l’occasion de l’ouverture de la galerie appartenant à Jeanine de Goldschmidt, sa future épouse. La préface du catalogue écrite par Restany est considérée comme le deuxième manifeste du groupe. Depuis les États-Unis, dans un courrier adressé au critique, Yves exprime son désaccord avec ce texte, ne reconnaissant pas son lien avec Dada.  

      Du 29 mai au 24 juin, Yves expose à la Dwan Gallery de Los Angeles (« Yves Klein le Monochrome »). À cette occasion, Yves présente l’ensemble de ses films.  

      1961_dawn_2 Vue de l’exposition « Yves Klein le Monochrome », Dwan Gallery, Los Angeles, 1961
      Photo © I. Serisawa
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      À la mi-juin, Yves et Rotraut rentrent en France.  

      Le 5 juillet, la publication de la revue Zero n°3 donne lieu à la manifestation « Zero. Edition Exposition Demonstration » à la galerie Schmela de Düsseldorf. Dans ce numéro de la revue Zero, paraît l’article de Klein, « Le vrai devient réalité », en français et en anglais. La fin du texte en français est brûlée à la requête de l’artiste. Dans ce numéro, figure également le manifeste « Projet pour une architecture de l’air », publié en allemand [« Projekt einer Luft-Architektur »].  

      web_1958_1960LIV_0035 Revue « ZERO n°3 », édité par le groupe ZERO, Düsseldorf, 1961
      © Fondation ZERO, Düsseldorf

      Le 12 juillet, Yves signe le contrat pour le film Mondo Cane de Gualtiero Jacopetti. Les 17 et 18 juillet, le cameraman Paolo Cavara tourne des séquences d’Anthropométries à la galerie Rive Droite pour la préparation du film.  

      Le 18 et 19 juillet, Yves réalise des Peintures de Feu et des Peintures de Feu Couleur au Centre d’essai de Gaz de France. Les photographes Pierre Joly, Vera Cardot et Louis Frédéric réalisent des reportages. Le 19, le directeur du Centre interdit la séance en raison de la présence de modèles nus.  

      Le 27 juillet, Yves écrit à l’architecte Philip Johnson au sujet d’un projet de fontaines d’eau et de feu proposé par des ingénieurs pour l’Exposition internationale de New York et qu’il considère erronément comme une appropriation de ses idées.  

      À l’automne, Yves réalise des Reliefs Planétaires.  

      1961_grenoble_3 Yves Klein réalisant un Relief Planétaire dans son atelier, 14 rue Campagne-Première, Paris, 1961
      Photo © Gilles Raysse

      Le 8 octobre, Yves réunit dans son appartement des membres du Nouveau Réalisme et les critiques d’art Alain Jouffroy, Pierre Descargues et John Ashbery, afin d’analyser la question de la filiation duchampienne du groupe. Cette réunion est nommée « journée des observateurs neutres ». Le soir-même, à La Coupole, Yves, Martial Raysse et Raymond Hains signent une déclaration de dissolution du groupe des Nouveaux Réalistes. La dissolution se révèle néanmoins temporaire.  

      En novembre, Yves et Rotraut font un voyage en Italie. Le couple se rend à Cascia puis à Rome afin de visionner la séquence du film de Jacopetti sur la séance d’Anthropométrie. La séquence, pas encore détournée, satisfait pleinement Yves.  

      Le 20 novembre s’ouvre l’exposition « Yves Klein le Monochrome : il Nuovo Realismo del Colore » à la Galleria Apollinaire de Milan.  

      1961_monochrome_2 Pierre Restany lors du vernissage de l’exposition « Yves Klein le Monochrome : il Nuovo Realismo del Colore » à la Galleria Apollinaire, Milan, 1961
      Photo © Tous droits réservés

      Au cours de l’année, Yves enregistre sur une bande sonore l’improvisation dénommée a posteriori « Dialogue avec moi-même ». L’enregistrement commence avec la Symphonie Monoton-Silence (1 min 15), puis Yves se met à parler.  

      Il élabore avec Claude Parent un projet de fontaines d’eau et de feu pour les fontaines de Varsovie du Trocadéro à Paris.  

      Durant l’année 1961, il participe aux expositions du groupe Zero « Gruppo 0 + 0 » à la Galleria La Salita de Rome, « Datozero » à la galerie Dato de Francfort, « Zero » à galerie A d’Arnheim ainsi qu’aux expositions « Aktuelle Kunstverein, Bilder und Plastiken aus des Sammlung Dotremont » à la Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen et à la Kunsthalle de Düsserldorf  et « Moderne Malerei seit 1945 aus der Sammlung Dotremont » à la Kunsthalle Basel de Bâle. Avec les Nouveaux Réalistes il participe aux expositions « Le Nouveau Réalisme à Paris et à New York » à galerie Rive Droite de Paris, Exposition des Nouveaux Réalistes à la galerie Samlaren de Stockholm, Premier Festival du Nouveau Réalisme à la galerie Muratore de Nice.
    • 1962

      Le dimanche 21 janvier a lieu le mariage d’Yves et Rotraut en l’église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. La mise en scène de la cérémonie, organisée par Yves dans tous les détails, inclut la présence de chevaliers de l’ordre des Archers de saint Sébastien en grande tenue. Suit une réception à La Coupole, prolongée par une soirée dans l’atelier de Larry Rivers, impasse Ronsin.  

      1962_mariage_8 Mariage d’Yves Klein et de Rotraut Uecker, Église Saint-Nicolas-des-Champs, Paris, 21 janvier 1962
      Photo © Tous droits réservés

      1962_mariage_1 Invitation pour le mariage d’Yves Klein et de Rotraut Uecker, 1962
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017





      Le 26 janvier, Yves décroche les tableaux d’une salle du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, alors allouée au XVIe Salon Violet, afin de créer une Zone de sensibilité picturale immatérielle. Le décrochage est réalisé à l’aide de Dufrêne, Villeglé et Niki de Saint-Phalle. Au mois de mars suivant, dans le cadre du Salon Comparaisons, la même salle devait accueillir des œuvres des Nouveaux Réalistes. Yves fait réaliser par Harry Shunk un reportage afin de documenter pour le catalogue du Salon Comparaisons la salle vide et la salle remplie par des œuvres des Nouveaux Réalistes (œuvres ayant été provisoirement empruntées à la galerie J pour la réalisation du cliché).  

      En Février, Yves prépare des moulages d’Arman, de Martial Raysse et de Claude Pascal pour réaliser des Portraits reliefs. Le 1er mars, Yves réalise, en collaboration avec Arman, Claude Pascal et Pierre Restany, le Store-Poème.  

      1962_moulages_2 Réalisation du Portrait-Relief de Martial Raysse, atelier d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris, 1962
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

      Durant l’année 1962, Yves participe aux expositions collectives « Zero, Schilders door de galerie gekogen » à galerie Ad Libitum d’Anvers, « Nieuwe Tendenzen » à la galerie Orez de La Haye, « Zero » dans le cadre de « Forum 62 » au Centrum voor Kunstambachten de Gand, « Zero » à galerie Schindler de Berne et « Recherches d’un Nouveau Réalisme » à la galerie Bonnier de Lausanne.

      Le 7 mars s’ouvre l’exposition « Antagonismes 2, l’objet » au Musée des Arts décoratifs de Paris.  

      Du 12 mars au 2 avril, se tient le Salon Comparaisons au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.  

      En mai, Yves se rend au Festival de Cannes. Le 12, il assiste à la première représentation de Mondo Cane de Gualtiero Jacopetti. Le détournement dérisoire de son travail dans le film le blesse profondément. La scène qui lui était consacrée avait été coupée, le montage arrangé, la bande sonore de la Symphonie Monoton-silence remplacée par une chanson populaire. Le soir, Yves a une première crise cardiaque.  

      Le 15 mai, au cours d’un débat sur le thème « Art et Industrie » au Musée des Arts décoratifs, Yves intervient avec véhémence contre les industriels et s’en prend aussi à Restany et à Tinguely, présents à la discussion. Plus tard, le même jour, Yves se rend au vernissage de l’exposition « Donner à voir » à la galerie Creuze dans laquelle est exposé le Portrait-Relief d’Arman. Il est victime d’une nouvelle crise cardiaque.  

      Yves programme avec Sacha Sosno le tournage d’un film intitulé Blue-Blue pour le mois de septembre suivant.  

      Le 6 juin à 18 heures, Yves meurt d’une ultime crise cardiaque, à son domicile au 14 rue Campagne-Première.  

      Le 6 août, naissance à Nice d’Yves, le fils de l’artiste.

      Yves Klein repose dans le petit cimetière de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes), aux côtés de Marie et Rose Raymond.

      1962_portrait_3 Yves Klein, 1960 ca.
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

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