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Yves : peintures

Éditions Lacoste - Club des Solitaires, Paris, France
15 octobre 1955 - 15 octobre 1955
  • Yves : peintures
    Carton d'invitation de l'exposition "Yves : peintures", Éditions Lacoste, Club des Solitaires, 1955
A partir de 1955, Yves Klein réalise des tableaux monochromes de diverses couleurs, semblables à ceux dont il avait livré, par anticipation, une reproduction dans sa plaquette Yves Peintures (1954).

" Après être passé par plusieurs périodes, mes recherches m’ont amené à peindre des tableaux unis monochromes. Mes toiles sont donc recouvertes chacune par une ou plusieurs couches d’une seule couleur unie après une certaine préparation du support et par de multiples procédés techniques. Aucun dessin, aucune variation de teinte n’apparaît ; il n’y a que de la couleur bien unie. En quelque sorte la dominante envahit tout le tableau.
Je cherche ainsi à individualiser la couleur, car j’en suis venu à penser qu’il y a un monde vivant de chaque couleur et j’exprime ces mondes. Mes tableaux représentent encore une idée d’unité absolue dans une parfaite sérénité ; idée abstraite représentée de façon abstraite, ce qui m’a fait me ranger du côté des peintres abstraits. Je signale tout de suite que les abstraits, eux, ne l’entendent pas ainsi et me reprochent entre autres choses de refuser de provoquer des rapports de couleurs.
Je pense que la couleur « jaune », par exemple, est bien suffisante en elle-même pour rendre une atmosphère et un climat « au-delà du pensable » ; de plus, les nuances du jaune sont infinies, ce qui donne la possibilité de l’interpréter de bien des façons.
Pour moi, chaque nuance d’une couleur est en quelque sorte un individu, un être qui n’est que de la même race de la couleur de base (sic), mais qui possède bien un caractère et une âme personnelle différente.
Il y a des nuances douces, méchantes, violentes, majestueuses, vulgaires, calmes, etc. En somme, chaque nuance de chaque couleur est bien une « présence », un être vivant, une force active qui naît et qui meurt après avoir vécu une sorte de drame de la vie des couleurs."
Yves Klein, "Texte de présentation de l’exposition "Yves Peintures" aux Éditions Lacoste, 15 octobre 1955", Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, Beaux-Arts de Paris, 2003, p. 40

Sa première exposition personnelle a lieu au Club des Solitaires. C'est là qu'il fait la rencontre de Pierre Restany, alors jeune critique d'art.
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