Yves Klein : Propositions monochromes

Galerie Colette Allendy, Paris, France
14 mai 1957 - 23 mai 1957
  • Yves Klein : Propositions monochromes
    Yves Klein devant son oeuvre "Tableau de feu bleu d’une minute", (M 41), dans les jardins de la galerie Colette Allendy, Paris, 1957
  • Yves Klein : Propositions monochromes
    "Tableau de feu bleu d’une minute", (M 41), avec les feux de Bengale allumés, dans les jardins de la galerie Colette Allendy, Paris, 1957
  • Yves Klein : Propositions monochromes
    Public devant l'oeuvre "Tableau de feu bleu d’une minute", (M 41), avec les feux de Bengale allumés, dans les jardins de la galerie Colette Allendy, Paris, 1957
  • Yves Klein : Propositions monochromes
    Iris Clert, Guy Debord, Asger Jorn lors du vernissage de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
  • Yves Klein : Propositions monochromes
    Vue de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
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    Vue de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
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    Vue de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
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    Vue de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
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    Affiche de l'exposition "Yves Klein : Propositions monochromes", Galerie Colette Allendy, Paris, 1957
"Les Paravents – Les paravents permettaient l’enveloppement du bleu. On pouvait en effet les disposer en demi-cercle de manière à pouvoir se placer en lecteur de l’oeuvre au centre du
diamètre.

Pigments purs – Le pigment pur, exposé par terre, devenait un tableau de sol et non plus de cimaise ; le médium fixatif étant alors le plus immatériel possible, c’est-à-dire la force d’attraction elle-même. Elle n’altérait [pas] les grains de pigment individuellement, comme le fait inévitablement l’huile, la colle et même encore mon médium fixatif particulier. Le seul ennui de cela : l’homme se tient naturellement debout et regarde l’horizon.

Feux de Bengale – Tableau de feu bleu d’une minute - Monté sur un chevalet d’atelier, un panneau de bois peint en bleu sur lequel étaient fixées des quantités de fusées de bengale à effet
bleu ; cela donnait la sensation aux lecteurs, après que le tableau se soit consumé, de s’agrandir dans le souvenir, dans la mémoire visuelle. (La réalisation de feux de bengale ou d’artifices bleus
est toujours très délicate et difficile à obtenir de nuit.)

Tapisserie – Curieux effet de cette tapisserie dans le problème de la distance. C’est la distance de l’oeil à la surface exposée qui fait tout. À 1 mètre de cette tapisserie (d’environ 2 x 1,50 m), ce n’est qu’un simple tissu très riche. À 3 mètres, c’est une tapisserie. À 8 mètres, c’est un tableau dans tout le sens pictural.

Les sculptures tactiles – Elles ne furent pas exposées, je ne sais plus trop pourquoi d’autant plus que j’en avais beaucoup parlé. C’étaient des boîtes percées de deux trous munis de manchons. L’idée était de pouvoir passer les mains jusqu’aux coudes par ces manchons et toucher, palper la sculpture à l’intérieur de la boîte sans pouvoir la voir. Je crois maintenant que si je n’ai pas exposé ces boîtes c’est que j’avais très vite atteint une telle extrémité de perfectionnement de ces sculptures tactiles que j’ai cru bon d’attendre un peu. Cette extrémité était tout simplement le fait de placer dans les boîtes des sculptures vivantes telles que de beaux modèles nus, aux formes très rondes évidemment. C’était un peu prématuré à l’époque, j’aurais eu la police sur le dos tout de suite ; aujourd’hui par contre, ce n’est pas dit que je ne présente pas ces sculptures tactiles hyper-sensibles au public très prochainement.

Les sculptures éponges – C’est à cette occasion là aussi que j’ai découvert l’éponge. En travaillant à mes tableaux dans mon atelier, j’utilisais parfois des éponges. Elles devenaient bleues très vite, évidemment ! Un jour, je me suis aperçu de la beauté du bleu dans l’éponge ; cet instrument de travail est devenu matière première d’un seul coup pour moi. C’est cette extraordinaire faculté de l’éponge de s’imprégner de quoi que ce soit de fluidique qui m’a séduit. Grâce aux éponges, matière sauvage vivante, j’allais pouvoir faire les portraits des lecteurs de mes monochromes qui, après avoir vu, après avoir voyagé dans le bleu de mes tableaux, en reviennent totalement
imprégnés en sensibilité comme des éponges."
Yves Klein, "Remarques sur quelques oeuvres exposées chez Colette Allendy", 1957, Le Dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, Beaux-Arts de Paris, 2003
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