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Première expérience des "pinceaux vivants"

Appartement de Robert Godet 9, rue Le-Regrattier, Île Saint-Louis, Paris, France, Paris, France
5 juin 1958 - 5 juin 1958
  • Première expérience des "pinceaux vivants"
    Première expérience des "pinceaux vivants", appartement de Robert Godet, île saint-Louis, Paris, 1958
  • Première expérience des "pinceaux vivants"
    Première expérience des "pinceaux vivants", appartement de Robert Godet, île saint-Louis, Paris, 1958
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    Première expérience des "pinceaux vivants", appartement de Robert Godet, île saint-Louis, Paris, 1958
  • Première expérience des "pinceaux vivants"
    Première expérience des "pinceaux vivants", appartement de Robert Godet, île saint-Louis, Paris, 1958
  • Première expérience des "pinceaux vivants"
    Première expérience des "pinceaux vivants", appartement de Robert Godet, île saint-Louis, Paris, 1958
"Déjà autrefois, j’avais refusé le pinceau, trop psychologique, pour peindre avec le rouleau, plus anonyme, et ainsi tâcher de créer une « distance », tout au moins intellectuelle, constante, entre la toile et moi, pendant l’exécution… Cette fois, oh miracle, de nouveau le pinceau, mais vivant cette fois, revenait : c’était la chair elle-même qui appliquait la couleur au support sous ma direction, avec une précision parfaite, me permettant, moi, de rester constamment à la distance « x » exacte de ma toile et ainsi dominer ma création d’une manière permanente pendant toute l’exécution. De cette manière je restais propre, je ne me salissais plus avec la couleur, même pas le bout des doigts. Devant moi, sous ma direction, en collaboration absolue avec le modèle, s’accomplissait l’oeuvre, et j’étais en mesure de me montrer digne d’elle, en « smoking », pour la recevoir comme il se doit, à sa naissance au monde tangible.
C’est à cette époque que j’ai vu apparaître à chaque séance les « marques du corps », qui disparaissaient d’ailleurs bien vite, car il fallait que tout devienne monochrome. Ces marques, païennes dans ma religion de l’absolu monochrome, m’ont hypnotisé tout de suite, et je les ai travaillées clandestinement vis-à-vis de moi-même, longtemps, toujours en collaboration absolue avec les modèles, afin de bien partager les responsabilités en cas de faillite spirituelle. Nous pratiquons, modèles et moi, une télékinèse scientifique parfaite et irréprochable. et c’est ainsi que j’ai présenté tout d’abord en privé, chez Robert Godet à Paris, au printemps 1958, puis, d’une manière plus perfectionnée encore, le 9 mars 1960, à la Galerie Internationale d’Art Contemporain : Les anthropométries de l’Époque Bleue."

Extrait de "Le vrai devient réalité", Yves Klein, Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, ENSBA, Paris, 2003, p. 283-284
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