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Le Saut dans le vide, 1960

  • Le Saut dans le vide
    Photographie
    26 x 20 cm
Action artistique d'Yves Klein
5, rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses

Le titre de cette œoeuvre photographique d'Yves Klein d'après son journal Dimanche 27 novembre 1960, est : « Un homme dans l'espace ! Le peintre de l'espace se jette dans le vide ! », 1960.

"Voilà longtemps que j’ai senti le vide, mais que j’ai refusé de me jeter dans le vide. J’ai été lâche comme tout ce que je vois. Quand j’ai cru que je refusais le monde, je sais maintenant que je refusais le vide. Car je sais que ce monde n’est pas et je sais comment il n’est pas. Ce dont j’ai souffert jusqu’ici, c’est d’avoir refusé le vide ! Le vide qui était déjà en moi.
Aujourd’hui le peintre de l’espace doit aller effectivement dans l’espace pour peindre, mais il doit y aller sans trucs ni supercheries, ni non plus en avion, ni en parachute ou en fusée : il doit y aller par lui-même, avec une force individuelle autonome, en un mot, il doit être capable de léviter."
Yves Klein, extrait de Dimanche 27 novembre 1960 Le journal d'un seul jour, 1960
Yves Klein considérait que l'espace était son domaine et qu'il pouvait s'y rendre par la seule force de l'esprit.

Le saut a lieu à Fontenay-aux-Roses, dans une rue où un club de judo l'avait souvent accueilli.
Yves Klein s'élance d'un pilier situé à l'entrée d'un pavillon, le visage tourné vers le ciel, les bras en croix. Loin de tomber, l'artiste semble prendre son envol.

Soucieux, comme d’habitude, de garder trace de ses actes, il a convié, pour immortaliser le geste, ses deux photographes favoris : John Kender et Harry Shunk. Ce sont eux qui réaliseront dans leur laboratoire parisien ce photomontage publié pour la première fois à la « une » du journal créé par Yves Klein "Dimanche, le journal d’un seul jour", que les Parisiens trouveront dans les kiosques , le 27 novembre 1960.

La rue est déserte, à part, au fond, à droite de la photo, un cycliste de dos qui vient de passer. Un homme en pleine lévitation entre ciel et terre ne l’a fait ni s’arrêter ni se retourner ; il continue son chemin, indifférent à cet acte qui, pourtant, nous semble insolite, voire déconcertant. Un témoignage recueilli auprès de Harry Shunk par Sidra Stich nous apprend que le cycliste était le photographe John Kender et que l’idée de l’inclure dans la photo serait venue de Harry Shunk lui-même. 


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