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Le Saut dans le vide, octobre 1960

  • Le Saut dans le vide
    Action artistique d'Yves Klein
    5, rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses, France
    Photographie
Le titre de cette œuvre photographique d'Yves Klein parue dans son journal Dimanche 27 novembre 1960 Le journal d'un seul jour, est : « Un homme dans l'espace ! Le peintre de l'espace se jette dans le vide ! ».

La photographie est accompagnée du texte suivant :  

"Le monochrome qui est aussi champion de judo, ceinture noire 4e dan, s’entraîne régulièrement à la lévitation dynamique ! (avec ou sans filet, au risque de sa vie).
Il prétend être en mesure d’aller rejoindre bientôt dans l’espace son œuvre préférée : une sculpture aérostatique composée de Mille et un Ballons bleus, qui, en 1957, s’enfuit de son exposition dans le ciel de Saint-Germain-des-Prés pour ne plus jamais revenir !
Libérer la sculpture du socle a été longtemps sa préoccupation. « Aujourd’hui le peintre de l’espace doit aller effectivement dans l’espace pour peindre, mais il doit y aller sans trucs, ni supercheries, ni non plus en avion, ni en parachute ou en fusée : il doit y aller par lui-même, avec une force individuelle autonome, en un mot, il doit être capable de léviter. »
Yves :
« Je suis le peintre de l’espace. Je ne suis pas un peintre abstrait, mais au contraire un figuratif, et un réaliste. Soyons honnêtes, pour peindre l’espace, je me dois de me rendre sur place, dans cet espace même. »
Yves Klein, extrait de Dimanche 27 novembre 1960 Le journal d'un seul jour, 1960

Yves Klein considère que l'espace est son domaine et qu'il peut s'y rendre par la seule force de l'esprit.

Le saut a lieu le 19 octobre 1960 à Fontenay-aux-Roses, dans une rue où un club de judo l'avait souvent accueilli.

Yves Klein s'élance d'un pilier situé à l'entrée d'un pavillon, le visage tourné vers le ciel, les bras en croix. Loin de tomber, l'artiste semble prendre son envol.

Soucieux, comme d’habitude, de garder trace de ses actes, il a convié, pour immortaliser le geste, ses deux photographes favoris : John Kender et Harry Shunk. Ce sont eux qui réaliseront dans leur laboratoire parisien ce photomontage publié pour la première fois à la « une » du journal créé par Yves Klein "Dimanche, le journal d’un seul jour", que les Parisiens trouveront dans les kiosques , le 27 novembre 1960.

La rue est déserte, à part, au fond, à droite de la photo, un cycliste de dos qui vient de passer. Un homme en pleine lévitation entre ciel et terre ne l’a fait ni s’arrêter ni se retourner ; il continue son chemin, indifférent à cet acte qui, pourtant, nous semble insolite, voire déconcertant. Un témoignage recueilli auprès de Harry Shunk par Sidra Stich nous apprend que le cycliste était le photographe John Kender et que l’idée de l’inclure dans la photo serait venue de Harry Shunk lui-même.

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