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Carnet de reçus pour les Zones de sensibilité picturale immatérielle. Série 5, 1962

  • Carnet de reçus pour les Zones de sensibilité picturale immatérielle. Série 5
    Papier imprimé
    9 x 30 cm
En 1959, Yves Klein fait imprimer ces carnets à souche afin de procéder aux cessions de "Zones de sensibilité picturale immatérielle".
Le bleu, à l'extérieur, annonce la présence plus substantielle de l'immatériel placé dans cet écrin. Lors de l'achat, le nom de l'acquéreur est noté sur le reçu comme sur la souche du carnet. Sur le reçu, un encadré précise les conditions imposées par l'artiste pour la revente d'une zone acquise : "Cette zone transférable ne peut être cédée par son propriétaire qu'au double de sa valeur initiale".


"Les zones de sensibilité picturale immatérielle d’Yves Klein le Monochrome sont cédées contre un certain poids d’or fin. Il existe sept séries numérotées de zones picturales immatérielles qui comprennent chacune dix zones aussi numérotées. Il est délivré pour chaque zone cédée un reçu qui indique le poids d’or fin, valeur immatérielle de l’immatériel acquis.
Les zones sont transférables par leurs propriétaires (voir règle établie sur chaque reçu).

Tout acquéreur éventuel d’une zone de sensibilité picturale immatérielle doit savoir que le simple fait qu’il accepte un reçu pour le prix qu’il l’a payée lui ôte toute l’authentique valeur immatérielle de l’oeuvre, bien qu’il en soit cependant le possesseur.

Pour que la valeur fondamentale immatérielle de la zone lui appartienne définitivement et fasse corps avec lui, il doit brûler solennellement son reçu, cela après que son nom, prénom, adresse et date de l’achat aient été inscrits sur le talon du carnet à souche des reçus.

Dans le cas où il désire accomplir cet acte d’intégration à lui-même de l’oeuvre, Yves Klein le Monochrome doit, en présence d’un Directeur de Musée d’Art, ou d’un marchand d’Art connu, ou d’un Critique d’Art, plus deux témoins, jeter la moitié du poids de l’or reçu à la mer, dans une rivière ou dans un endroit quelconque dans la nature, où cet or ne puisse plus être récupéré par personne.

Dès ce moment, la zone de sensibilité picturale immatérielle appartient d’une manière absolue et intrinsèque à l’acquéreur. Les zones ainsi cédées, après que l’acquéreur ait brûlé son reçu, ne sont plus transférables par leurs propriétaires.

P. S. – Il est important de signaler que, au-delà des rites de cession ci-dessus, existent, dégagées de toute règle et de toute convention, des cessions-transferts de vide et d’immatériel dans l’anonymat le plus absolu..."
Yves Klein, extrait de "Règles rituelles de la cession des zones de sensibilité picturale immatérielle", 1959, Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, Beaux-Arts de Paris, 2003
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