Yves Klein Vers l'immatériel

Denys Riout
  • Yves Klein Vers l'immatériel
    Éditions Dilecta, Paris, France, 2006
    ISBN : 978-2-916275-13-0
Cet ouvrage contient deux textes essentiels d'Yves Klein concernant l'immatériel, «Le dépassement de la problématique de l'art» et la «Conférence de la Sorbonne», avec un CD de l'enregistrement original de la Conférence à la Sorbonne.

Ce livre préparé et présenté par Denys Riout, historien d’art spécialiste d’Yves Klein, réunit deux textes proches et complémentaires : « Le dépassement de la problématique de l’art » et la « Conférence de la Sorbonne », textes essentiels pour comprendre la démarche de l’artiste, et qui exposent sa volonté de travailler sur la notion d’immatériel.

Le livre est accompagné d’un disque contenant un document extrêmement rare : l’enregistrement restauré de la conférence tenue par Yves Klein en 1959 dans un amphithéâtre de la Sorbonne. C’est une occasion unique d’entendre sa voix et son timbre si particulier.

Extrait de la « Conférence à la Sorbonne » : « C’est donc bien froidement que je commence en saisissant le fil d’Ariane qu’est pour moi cette impalpable sensibilité, nouvelle matière, nouvelle dimension, avant d’entrer dans le labyrinthe de la sensiblerie, en me promettant fermement de ne jamais le lâcher jusqu’au retour. Et voici comment les choses se sont passées.
À Anvers tout d’abord, il y a deux mois de cela à peine, invité à exposer avec un groupe d’artistes composé de Bury, Tinguely, Rot, Breer, Mack, Munari, Spoerri, Piene, Soto, je me rends à Anvers et, au moment du vernissage, à l’emplacement qui m’était réservé dans la salle d’exposition d’Hessenhuis, au lieu d’y placer un tableau ou un objet tangible et visible quelconque, je prononce d’une voix forte devant le public ces paroles empruntées à Gaston Bachelard : “D’abord, il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue.”
L’organisateur belge de cette exposition me demande alors où se trouve mon œuvre. Je réponds : “Là, là où je parle en ce moment.
– Et quel en est le prix de cette œuvre ?
– Un kilo d’or, un lingot d’or pur d’un kilo me suffira.”
Pourquoi ces conditions extravagantes au lieu d’un prix normal représenté par une somme d’argent tout simplement ? Parce que, pour de la sensibilité picturale à l’état matière première dans l’espace spécialisé et stabilisé par moi, en prononçant ces quelques paroles à mon arrivée, qui ont fait couler le sang de cette sensibilité spatiale, on ne peut demander de l’argent. “Le sang de la sensibilité est bleu”, dit Shelley et c’est exactement mon avis. »



http://www.editions-dilecta.com/fr/livres/254-vers-limmateriel.html
scroll to top