1954 - 1957

  • 1954 - 1957

    L’envol international

    À son retour du Japon, il publie en Espagne Yves peintures et à Paris le livre Les Fondements du judo. Ces publications reflètent la double carrière de judoka et d’artiste qu’il mène alors de front.

    Ses tableaux Monochromes, d’abord de différentes couleurs, sont présentés pour la première fois au club des Solitaires en 1955, puis à la galerie Colette Allendy l’année suivante.

    Au cours de l’année 1957, Yves met au point la fabrication de la couleur qu’il dénommera l’IKB (International Klein Blue) caractéristique des œuvres de son « Epoque bleue » et qui sera jusqu’en 1959 sa signature.

    Les expositions à Milan, Paris, Düsseldorf et Londres donnent à « Yves le Monochrome » une stature internationale. En mai 1957, deux expositions conjointes sont organisées à Paris.  « Yves Klein : Propositions monochromes » est présentée à la galerie Iris Clert et à la Galerie Collette Allendy. C’est lors du vernissage chez Iris Clert qu’il réalise sa première action, la Sculpture aérostatique, un lâcher de 1001 ballons bleus place Saint-Germain-des-Prés.
    • 1954

      De retour à Paris, il se heurte à la méfiance du milieu professionnel et institutionnel du Judo. La Fédération française de Judo refuse d’homologuer son diplôme japonais.   

      En avril, il signe un contrat avec l’éditeur Bernard Grasset pour son livre sur le judo Les Fondements du judo.  

      En mai, sur invitation de Fernando Franco de Sarabia, il s’installe à Madrid. Il enseigne le judo au club Bushido Kwaï et devient conseiller technique de la Fédération espagnole de Judo. Dans sa salle de judo, il accroche des peintures monochromes. Il visite Barcelone, Saint-Sébastien et Valence.

      1954_6 Carte de conseiller technique de la Fédération Espagnole de Judo à Madrid, 1954

      En novembre Yves Klein publie Yves Peintures et Haguenault Peintures. Ces deux recueils de monochromes sont réalisés et édités par l’atelier de gravure de Fernando Franco de Sarabia, à Jaen, près de Madrid. La préface signée Pascal Claude est composée de lignes noires en place du texte. Les dix planches en couleurs sont constituées de rectangles unicolores découpés dans du papier et accompagnés de dimensions en millimètres. Chaque planche indique un lieu différent de création, Madrid, Nice, Tokyo, Paris. Haguenault Peintures porte des mentions de collections. Ces deux ouvrages constituent le premier geste public d’Yves. Yves Peintures et Haguenault Peintures sont des œuvres d’art par lesquelles Yves Klein pose la question de l’illusion dans l’art. 

      Yves Peintures « Yves Peintures », 1954

      À la suite d’une mésentente avec le président de la Fédération espagnole de Judo, Yves démissionne.
      Début décembre, il rentre en France et s’installe à Paris.  

      En décembre, son livre Les Fondements du Judo, paraît aux Editions Bernard Grasset.  

      1954_2 Yves Klein « Les Fondements du Judo », Editions Bernard Grasset, Paris, 1954

      Ne pouvant participer aux championnats d’Europe de judo de Bruxelles, il y assiste en spectateur. Il fait ensuite un voyage aux Pays-Bas et en Belgique.  

      Au cours d’un « lundi » chez Marie Raymond, Hains et Villeglé présentent deux films expérimentaux, Yves montre ses films sur le judo.  

      Fin 1954, Yves réalise l’esquisse de scénario La Guerre (de la ligne et de la couleur) ou (vers la proposition monochrome).
    • 1955

      Le 13 janvier 1955, dans un café parisien, Yves montre à des peintres abstraits, parmi lesquels Michel Seuphor, sa publication Yves Peintures.    

      Le 23 février, il est engagé comme enseignant de judo à l’American Students and Artists Center du boulevard Raspail. Il maintiendra cette activité jusqu’à fin 1959.

      1955_11 Affiche des cours de Judo donnés par Yves Klein à l’American Students and Artists Center, 261 Boulevard Raspail, Paris, 1955

      Le 1er juillet, Le comité d’organisation du Salon des Réalités Nouvelles consacré à l’art abstrait, refuse de présenter son monochrome Expression de l'univers de la couleur mine orange (M 060). À cette occasion, il rencontre Jean Tinguely qui présente une œuvre au Salon.  

      1955_1 Yves Klein devant l’un de ses monochromes dans son atelier, Paris, 1955
      Photo © Tous droits réservés

      1955_m_060 « Expression de l’univers de la couleur mine orange », (M 060), 1955

      Fin septembre, Yves ouvre une école de judo à Paris avec l’aide financière de sa mère et de sa tante au 104 boulevard de Clichy. Il y accroche de grands monochromes de couleurs variées.  

      1955_7 Carte de professeur de Judo d’Yves Klein, Académie de Paris, 104 boulevard de Clichy, Paris, 1955

      Le 15 octobre, s’inaugure sa première exposition personnelle « Yves, Peintures » au Club des Solitaires, dans les salons privés des éditions Lacoste à Paris. Il y expose des peintures monochromes de couleurs différentes.  

      1955_9 Vernissage de l’exposition « Yves Peintures », Club des Solitaires - Éditions Lacoste, Paris, octobre 1955
      Photo © Tous droits réservés

      Le 1er décembre, Yves fait la connaissance du critique d’art Pierre Restany.
    • 1956

      Du 21 février au 7 mars, dans l’exposition « Yves, Propositions Monochromes » à la galerie Colette Allendy au 67 rue de l’Assomption à Paris, Yves présente des tableaux monochromes de couleurs différentes. Pierre Restany rédige le texte de présentation, « La minute de vérité », imprimé sur le carton d’invitation. Le 2 mars, dans le cadre de l’exposition, est organisé un débat. Parmi les participants : Pierre Restany, Claude Rivière, Louis-Paul Favre, Bernadette Allain et Henri-Jean Closon, commissaire général du Salon des Réalités Nouvelles en 1955.

      1956_4 Affiche de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Colette Allendy, Paris, 21 février - 7 mars 1956

      Yves rencontre, dans la galerie Allendy, Marcel Barillon de Murat, chevalier de l’ordre des Archers de Saint Sébastien, qui lui propose d’adhérer à la confrérie. Le 11 mars, dans l’église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris, Yves est adoubé chevalier de l’ordre des Archers de Saint Sébastien. Il choisit comme devise : « Pour la couleur ! Contre la ligne et le dessin ! »

      1956_6

      1956_7 Adoubement d’Yves Klein à l’ordre des Archers de Saint Sébastien, Eglise Saint-Nicolas-des-Champs, Paris, 11 mars 1956 
      Photo © Tous droits réservés

      En mai, le magazine Science et Vie consacre un article au évoquant l’activité sportive d’Yves Klein. En couverture, une image d’Yves s’exerçant au judo.

      Durant l’été 1956, il doit fermer son école de judo pour des raisons financières.

      Du 4 au 31 août, il participe avec Tinguely, au 1er Festival de l’Art d’avant-garde présenté à la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille.  

      1956_avantgarde_1 Monochrome d’Yves Klein exposé lors du 1er Festival de l’Art d’avant-garde, Cité Radieuse, Marseille.  
      Photo © Tous droits réservés

      Yves se présente à Iris Clert, en lui apportant dans sa galerie récemment ouverte un Monochrome orange.   

      Le 7 novembre, il installe son atelier au 9 rue Campagne-Première dans le quartier de Montparnasse à Paris.

      En novembre, Guido Le Noci, le directeur de la Galleria Apollinaire de Milan, rend visite à Yves dans son nouvel atelier et fixe son exposition personnelle pour le mois de janvier suivant.

      Au cours de l’année, Yves met au point la fabrication de la couleur bleue ultramarine qui caractérisera les œuvres de son « Epoque Bleue » et qu’il dénommera l’IKB (International Klein Blue).
    • 1957

      Présentée du 2 au 12 janvier 1957, l’exposition « Yves Klein, Proposte monocrome, epoca blu » à la Galleria Apollinaire, via Brera à Milan consiste en onze Monochromes bleus de même format accrochés dans une salle et un Monochrome rouge dans une autre pièce. Le carton d’invitation comporte un texte de présentation de Pierre Restany « Il secondo minuto della verità ». Yves rencontre Lucio Fontana qui achète un Monochrome bleu et se lie d’amitié avec lui. Piero Manzoni aussi fait la connaissance d’Yves et visite plusieurs fois son exposition.  

      1957_epoca_blu Vue de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, 2 – 12 janvier 1957 Photo
      © Tous droits réservés


      1957_epoca_blu_2 Yves Klein réalisant une prise de Judo lors de son exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, janvier 1957 Photo © Fedele Toscani - Alinari Archives

      1957_apo_2 Carton d’invitation de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, 2 – 12 janvier 1957
      ©
      1957_apo_7 Yves Klein, Adriano Parisot, Lutka Pink, Pierre Restany, Ada Parisot, lors de l’exposition "Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu", Galerie Apollinaire, Milan, janvier 1957
      Photo © Foto Mercurio


      En février, il participe à la « Première exposition de psychogéographie » à la galerie Taptoë de Bruxelles et au Salon « Comparaisons » au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.  

      En mars, Yves rencontre l’architecte allemand Werner Ruhnau et l’artiste Norbert Kricke à l’occasion de l’exposition des œuvres de Kricke à la galerie Iris Clert.  

      Du 12 avril au 8 mai, Yves participe au « Micro-Salon d’avril » à la galerie Iris Clert dans lequel sont présentées des œuvres de petit format de plus de cent artistes parmi lesquels ses parents.  

      En mai 1957, il présente deux expositions conjointes à Paris, « Yves Klein : Propositions monochromes » simultanément à la galerie Iris Clert et à la galerie Collette Allendy. Le carton d’invitation commun, en forme de carte postale, est affranchi avec un timbre-poste bleu. Pierre Restany y annonce les deux expositions de « l’Epoque Bleue » . Yves fait réaliser un film sur les deux manifestations, la bande-son est constituée par les « Cris bleus » de Charles Estienne.  

      1957_allendy_1 Carton d’invitation avec timbre bleu de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes » Galerie Iris Clert et Galerie Collette Allendy, Paris, mai 1957

      Chez Iris Clert, Yves choisit de présenter ses Propositions monochromes comme il l’avait fait à Milan. L’avènement de l’« époque bleue » est célébré par un lâcher de 1001 ballons bleus dans le ciel de Paris lors de l’inauguration. Klein qualifiera cette action de Sculpture Aérostatique (IMMA 027).

      1957_clert_4 Les ballons bleus de la Sculpture Aérostatique réunis devant la Galerie Iris Clert le 10 mai 1957, le soir du vernissage de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », avant qu’ils ne soient transportés devant l’Eglise Saint-Germain-des-Prés pour être lâchés dans le ciel
      Photo © Paul Sarisson


      Chez Colette Allendy, Yves présente un ensemble d’œuvres annonçant ses développements futurs : sculptures, environnement, bacs de pigment pur, paravent, la première Peinture de Feu Feux de Bengale-Tableau de feu bleu d’une minute (M 041) et le premier Immatériel. En effet, un panneau annonce la suite de l’exposition au premier étage : « Surfaces et blocs de sensibilité picturales. Intentions picturales ». Cette salle est laissée entièrement vide. Un film de l’exposition a été réalisé par Yves Klein.    

      1957_allendy_5 Yves Klein dans le jardin de la Galerie Colette Allendy, à côté de son « Tableau de feu bleu d’une minute » (M 41), à l’occasion du vernissage de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », mai 1957
      Photo © Tous droits réservés


      1957_imma_023 Yves Klein présentant une « Intention picturale » Galerie Colette Allendy, Paris, à l’occasion de l’exposition « Yves Klein : Propositions monochromes », mai 1957
      Photo © Tous droits réservés


      Du 31 mai au 23 juin 1957, l’exposition « Yves, propositions monochromes » inaugure la galerie Schmela de Düsseldorf avec des peintures monochromes de couleurs différentes. Sur le carton d’invitation est imprimé en français le texte de Pierre Restany, « La minute de vérité ». Lors de cette exposition, Yves Klein se lie aux artistes du groupe ZERO (Otto Piene et Heinz Mack) ainsi qu'avec la jeune scène artistique de Düsseldorf.

      1957_schmela_1 Carton d’invitation de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Schmela, Düsseldorf, 31 mai - 23 juin 1957

      1957_schmela_4 Yves Klein, Iris Clert et Alfred Schmela (au centre) lors du vernissage de l’exposition « Yves Propositions Monochromes », Galerie Schmela, Düsseldorf, 31 mai 1957
      Photo © Tous droits réservés


      Du 24 juin au 13 juillet, se tiendra l’exposition «Monochrome Propositions of Yves Klein » à la Gallery One de Londres. Sont exposées des peintures monochromes de couleurs différentes. Le carton d’invitation avec texte de Restany traduit en anglais par « An act of truth ». Dans ce cadre, le 26 juin a lieu à l’Institute of Contemporary Arts, un débat public avec Klein et Restany, présidé par Lawrence Alloway.  

      1957_one_4 Yves Klein avec l’une de ses Sculptures Eponges lors du vernissage de l’exposition « Monochrome Propositions of Yves Klein », Gallery One, Londres, 24 juin 1957
      Photo © Tous droits réservés


      Durant l’été, Yves rencontre Rotraut Uecker (Rerik, 1938) à Nice. Artiste allemande qui travaille comme jeune fille au pair chez Arman et qui deviendra son assistante, puis son épouse.  

      En septembre, il signe le manifeste Contro lo stile, Contre le style, The end of style, publié à Milan. Parmi les autres signataires : Arman, Baj, Bemporad, Bertini, Colucci, Dangelo, Manzoni, Arnaldo Pomodoro, Giò Pomodoro, Pierre Restany, Saura, Sordini, Vandercam, Verga.  

      En mai, Yves Klein avait posé sa candidature pour la décoration de l’Opéra de Gelsenkirchen, dans la Ruhr, en Allemagne. Il s’y rend en novembre pour exposer à l’architecte Werner Ruhnau sa technique des Reliefs Eponges, puis en décembre à l’occasion de l’exposition des plans et des maquettes du concours. Yves fait partie du « groupe Kricke » constitué aussi, à cette époque, par Robert Adams, Kurt Neyers et Emil Schumacher.  

      Entre mai et décembre, il participe à Milan aux expositions « Opere delle collezioni private di Lucio Fontana e di Bruno Munari » à la Galleria Blu, « Micro-Salon di Iris Clert di Parigi in esclusività per l’Italia » à la Galleria Apollinaire, « Arte Nucleare 1957 » à la Galleria San Fedele et à Rome au « Micro Salon » à la Galleria La Tartaruga. Il participe également à l’exposition « Ouverture sur le futur » à la galerie H. Kamer à Paris et à l’exposition « Internationaler Bericht der Gesellschaft der Freunde Junger Kunst » à la Kunsthalle de Düsseldorf.
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