1958 - 1960

  • 1958 - 1960

    Le dépassement de la problématique de l’art

    Lauréat d’un concours international lancé en 1957 par la municipalité de la ville de Gelsenkirchen en Allemagne, Yves Klein reçoit la commande d’un ensemble de Reliefs Eponges et de panneaux monochromes monumentaux.

    Au même moment, Yves Klein cherche à aller au-delà d’une définition convenue de l’art : il expose des espaces vides, fait des déclarations à valeur d’œuvre. L’Immatériel que l’artiste « spécialise » est l'objet de transactions en échange d’or, à la fois métal noble et couleur, qui prend alors une place singulière dans son travail.

    L’espace public (illumination de l’obélisque de la place de la Concorde) et les médias (édition de Dimanche 27 novembre 1960) apparaissent, grâce à lui, comme autant de nouveaux territoires de l’art.

    Forces et éléments naturels deviennent aussi la matière première de ses Cosmogonies. Sa réflexion sur l'art l’amène à imaginer de nouveaux rapports avec ses modèles qui deviennent les « pinceaux vivants » des Anthropométries.

    Sa collaboration avec l'architecte Claude Parent pour le projet d’Architecture de l’air fera date.

    Le 27 octobre 1960, dans son appartement a lieu la signature du manifeste des Nouveaux Réalistes.
    • 1958

      Le 13 février 1958, Yves signe son contrat pour le décor du nouveau théâtre de Gelsenkirchen. Il fait partie de l’équipe internationale lauréate du concours, constituée par les Allemands Norbert Kricke et Paul Dierkes, par le Britannique Robert Adams et par le suisse Jean Tinguely. Yves est chargé de la réalisation de six panneaux monumentaux.  

      Le 24 avril, sous le titre « Le tableau rouge » (« Das Rote Bild »), a lieu la septième « exposition d’un soir » d’artistes européens organisée par Otto Piene et Heinz Mack dans leurs ateliers à Düsseldorf. Yves Klein y expose une assiette rouge (M 083). À cette occasion, paraît le numéro 1 de la revue allemande Zero, publiant le texte de Klein « Ma position dans le combat de la ligne et de la couleur ».  

      web_1958_1960M_083_01 Monochrome rouge sans titre (M 083)

      Le 26 avril, à 23h, en présence d’Yves et d’Iris Clert, l’EDF (Électricité de France) procède à un essai préliminaire d’illumination en bleu de l’obélisque de la place de la Concorde, en préparation de la soirée du 28 avril. Le but d'Yves Klein est de compléter l’inauguration de sa future exposition chez Iris Clert, prévue deux jours plus tard, par l’éclairage du monument.  

      Du 28 avril au 12 mai, se tient son exposition personnelle « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » à la galerie Iris Clert, Paris. Cette exposition est connue comme l’exposition du « Vide » et désignée comme étant le début de l’« époque pneumatique ». Pour cette exposition, Yves conçoit un carton d’invitation composé d’un texte de Pierre Restany, un bon d’entrée (à savoir que ceux qui n’en étaient pas munis, devait un prix d’entrée de 1500 F) et une enveloppe affranchie avec une timbre-poste bleu. À l’extérieur, la vitrine de la galerie est peinte en bleu et l’entrée du bâtiment est décorée d’un dais recouvert de tissu bleu. À l’intérieur de la galerie, présentation “d’une ambiance, d’un climat pictural réel et à cause de cela même invisible” (Yves Klein, Le dépassement de la problématique de l'art, 1959); à cette fin, les murs et la vitrine sur rue ont été peint en blanc par Yves Klein. Le jour du vernissage, des gardes républicains se tiennent à l’entrée et un service d’ordre est mis en place. Un cocktail bleu est servi au public. Ce jour même, l’éclairage de l’obélisque de la place de la Concorde est refusé par la préfecture de la Seine. La fermeture de l’exposition, prévue le 5 mai, est différée d’une semaine. Un film documente l’exposition. Après le vernissage, à la brasserie La Coupole, Yves tient un discours solennel sur l’événement et sur ses nouvelles perspectives.  

      1958_clert_1 Carton d’invitation de l’exposition « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958

      1958_clert_3

      1958_clert_4
      Vues de l’exposition « La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958
      Photo © Tous droits réservés

      Le 5 juin 1958, Yves expérimente pour la première fois, devant un public restreint, la réalisation d’une peinture à l’aide d’un « pinceau vivant ». Le terme Anthropométrie pour définir ces œuvres ne sera adopté par Pierre Restany que deux ans plus tard. Cette soirée-événement a lieu au 9 rue le Regrattier, en l’Île Saint-Louis à Paris, dans l’appartement de son ami Robert Godet, président de la Fédération internationale de Judo, éditeur et collectionneur d’art contemporain.  

      1958_godet_2 Première expérimentation des « pinceaux vivants », Paris, 1958
      Photo © Tous droits réservés

      En juin, Yves se rend à Gelsenkirchen pour présenter ses maquettes et ses dessins de Reliefs Eponges. Sur le chemin du retour, il visite l’« Exposition universelle et internationale » de Bruxelles.  

      Durant l’été, il s’installe au 14 rue Campagne-Première à Paris. Suite au refus par le Salon des Réalités Nouvelles d’une oeuvre qu’Yves et Tinguely envisageaient de réaliser en collaboration (Méta-morphe sur une exaspération monochrome), les deux artistes font le projet de prendre possession de l’espace du Salon avec une illumination sauvage en bleu des œuvres exposées qu’ils nomment « Colonisation par le bleu ». Les deux amis décident également de réaliser une exposition en commun à la galerie Iris Clert.  

      En septembre, Yves voyage avec sa tante Rose en Italie. Il se rend à Cascia en Italie où il dépose un Monochrome IKB au sanctuaire de sainte Rita, en action de grâce pour la commande de Gelsenkirchen.  

      En octobre, il commence à travailler sur le chantier de Gelsenkirchen où il réalise ses premiers Reliefs Eponges. Il est assisté de Jean-Pierre Mirouze et de Rotraut Uecker. Il fera de nombreux séjours à Gelsenkirchen jusqu’au printemps 1959.  

      1958_opera_4 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Ilse Pässler

      web_1958_1960YK ph_0240 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      web_1958_1960YK ph_1029 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      web_1958_1960YK ph_1134 Yves Klein sur le chantier de l’Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1959
      Photo © Ilse Pässler

      Le 17 novembre, ouverture de l’exposition « Yves Klein et Jean Tinguely, Vitesse pure et stabilité monochrome » à la galerie Iris Clert. Le carton d’invitation est en forme de petit disque monochrome bleu. Les deux artistes présentent des œuvres réalisées en collaboration.  

      1958_vitesse_2 Carton d’invitation de l’exposition « Yves Klein et Jean Tinguely, Vitesse pure et stabilité monochrome », Galerie Iris Clert, 1959

      1958_vitesse_1 Jean Tinguely et Yves Klein, Impasse Ronsin, 1959
      Photo © Martha Rocher
      © Jean Tinguely, ADAGP, Paris

      Le 22 novembre, Yves soumet à la Commission du théâtre de Gelsenkirchen un discours traduit par Konrad Klapheck et lu par Werner Ruhnau, grâce auquel il obtient l’agrément du bleu comme couleur unique pour l’ensemble de ses œuvres.  

    • 1959

      Entre janvier et mai 1959, Yves travaille au chantier de Gelsenkirchen. Après le départ de Rotraut, il bénéficie de l’assistance de Tinguely comme interprète. Par la suite, Tinguely participera aussi au décor du théâtre, ayant obtenu, en mars 1959, une commande pour deux reliefs mobiles.  

      Le 30 janvier, à l’occasion du vernissage de l’exposition « Concert Nr. 2 » de Jean Tinguely à la galerie Schmela de Düsseldorf, Yves prononce un discours sur la collaboration entre artistes créateurs. La manifestation est aussi célébrée avec une fête de trois jours en costume, en l’honneur de Tinguely et de Klein, dans l’atelier de Gunther Uecker, à Düsseldorf.  

      En mars, il participe à l’exposition « Vision in Motion-Motion in Vision » à l’Hessenhuis à Anvers, première exposition collective du groupe ZERO. Les commissaires de l’exposition sont Pol Bury, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Paul van Hoeydonck. Le jour du vernissage, Yves prononce dans l’emplacement qui lui est réservé une phrase d’après Bachelard : “D’abord il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue”, il propose de la sensibilité picturale immatérielle au prix d’un kilo d’or pur.    

      1959_hessenhuis_4 Dîner à l’occasion de l’exposition « Vision in Motion–Motion in Vision » au Hessenhuis, Anvers, le 21 mars 1959. De gauche à droite : Margret Mack, Heinz Mack, Otto Piene, Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Pol Bury, Yves Klein et le poète Emmett Williams
      Photo © Charles Wilp / BPK, Berlin

      Le 27 mars, Yves Klein et Werner Ruhnau signent un projet pour la création d’un Centre de la Sensibilité (« Schule der Sensibilität »): "L’architecture immatérielle sera le visage de cette école. Elle sera inondée de lumière. Vingt maîtres et trois cents élèves y travailleront sans programme d’enseignement ni jury d’examen » (Yves Klein, Le dépassement de la problématique de l'art, 1959)    

      Le 14 avril, Yves dépose à l’INPI (Institut national de la Propriété industrielle) des projets pour un toit d’air, des jets d’eau et de feu et pour un « tube en aluminium lévitant » en deux enveloppes Soleau.  

      Le 17 avril s’ouvre l’exposition « Reliefs lumineux et peintures de Mack » à la galerie Iris Clert. Yves rédige le texte de présentation, imprimé sur le carton d’invitation et propose dans la salle d’exposition la Symphonie Monoton-Silence.  

      Entre mai et juin, il fait un nouveau pèlerinage au monastère de Sainte Rita à Cascia.  

      Le 29 mai a lieu l’ouverture de l’exposition « La collaboration internationale entre artistes et architectes dans la réalisation du Nouvel Opéra et Théâtre de Gelsenkirchen » à la galerie Iris Clert, Paris. Y sont présentées les maquettes de Ruhnau, Kricke, Tinguely, Dierkes, Adams et Klein.  

      1959_international_3 Jean Tinguely, Yves Klein, Werner Ruhnau, René Brô, Iris Clert, Jesús-Rafael Soto, Galerie Iris Clert, Paris, mai 1959
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles

      Le 3 juin, Yves donne une conférence à la Sorbonne intitulée « L’évolution de l’art vers l’immatériel », présentée par Iris Clert et suivie le 5 juin d’une communication de Werner Ruhnau intitulée « Le développement des arts plastiques et de l’architecture vers l’immatérialisation ». L’initiative est placée sous le patronage de l’ambassade d’Allemagne. La séance du 3 juin sera enregistrée.  

      1959_international_2 Carton d’invitation pour la « Conférence à la Sorbonne » d’Yves Klein, 1959


      1959_sorbonne_2 Yves Klein lors de sa conférence à la Sorbonne, Paris, 3 juin 1959
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles

      web_1958_1960YK ph_0283 Yves Klein lors de sa conférence à la Sorbonne, Paris, 3 juin 1959
      Photo © Tous droits réservés

      Du 15 au 30 juin, se tient l’exposition « Bas-reliefs dans une forêt d’éponges » à la galerie Iris Clert.  

      1959_foret_4 Vue de l’exposition, « Bas-reliefs dans une forêt d’éponges », Galerie Iris Clert, Paris, 1959

      Photo © Louis Peltier

      Fin juin, Yves rencontre l’architecte Claude Parent qui va collaborer avec lui sur plusieurs projets d’Architecture de l’air. Parent et son collaborateur Sorgologo réalisent les dessins.  

      Le 30 juin, il dépose à l’INPI sous enveloppe Soleau le projet d’une Sculpture aéro-magnétique, invention qu’il date du mois d’avril 1959. Au cours de l’été, ses relations avec Iris Clert commencent à se dégrader.  

      Yves met au point le projet pour les carnets à souches des cessions de Zones de Sensibilité Picturale Immatérielle, qu’Iris Clert fait imprimer.

      web_1958_1960IMMA_006 Carnet de reçus pour les zones de Sensibilité Picturale Immatérielle, (IMMA 006)


      À la mi-novembre, il fixe la forme définitive du « rituel » des cessions. Le 18 novembre, Iris Clert envoie le reçu pour la première vente d’une Zone de Sensibilité Picturale Immatérielle à Peppino Palazzoli, directeur de la Galleria Blu à Milan. Celui-ci s’était porté acquéreur d’une œuvre immatérielle, au cours du mois d’août précédent, à la condition de recevoir un reçu signé par Yves. En décembre, Yves Klein organise les premières cessions d’une Zone de Sensibilité Picturale Immatérielle qu’il renouvellera avec différentes personnes.  

      1962_blankfort_9 Transfert à Michael Blankfort d’une zone de Sensibilité Picturale Immatérielle, Pont-au-Double, Paris, 10 février 1962
      Photo © Gian Carlo Botti


      En décembre également, il publie « Le Dépassement de la problématique de l’art », La Louvière, Edition de Montbliard.  

      1959_depassement_1 Le Dépassement de la problématique de l’art, La Louvière, Edition de Montbliard, 1959

      Le 15 décembre, Yves assiste à l’inauguration du nouveau théâtre de Gelsenkirchen.  

      1959_opera_1

      web_1958_1960YK ph_5068 Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, décembre 1959
      Photo © Tous droits réservés

      1958_opera_13 Monochrome bleu, Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1999
      Photo © David Bordes


      web_1958_1960YK ph_1182 Relief Eponge et Monochrome bleu, Opéra - Théâtre de Gelsenkirchen, 1999
      Photo © David Bordes


      À la mi-décembre, après un ralentissement de son activité d’enseignant de judo, il cesse définitivement ses cours à l’American Students and Artists Center.  

      Au cours de l’année 1959, il participe au « Micro-Salon » à la galerie Europe de Bruxelles, aux expositions « Dynamo 1 » à la galerie Renate Boukes de Wiesbaden, « Junge Maler der Gegenwart » à la Künstlerhaus de Vienne, « Kunstsammler an Rhein und Ruhr : Malerei 1900-1959 » au Städtisches Museum de Leverkusen, « Work in Three Dimensions » à la Leo Castelli Gallery de New York et à la Ire Biennale de Paris au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris inaugurée par André Malraux.  

      En Allemagne, Yves Klein et Jean-Pierre Mirouze créent un Projet de ballet sur aspect de fugue et choral. Yves en publiera un descriptif dans son journal Dimanche.
    • 1960

      Le 12 janvier 1960, Yves s’entraîne pour ce qui sera connu comme le Saut dans le vide, d’une fenêtre de la maison de Colette Allendy, 67 rue de l’Assomption, Paris, en présence de Bernadette Allain.  

      Il réalise ses premiers Monogolds faisant intervenir l’or fin dans leur composition, matériau aussi précieux que symbolique.  

      Le 23 février, à son domicile, Yves réalise les empreintes de Rotraut et de Jacqueline qui déposent les traces bleues de leur corps sur une grande feuille de papier blanc fixée au mur en présence de Pierre Restany. L’œuvre est nommée par les participants Célébration d’une nouvelle Ère anthropométrique. Avec ces traces inscrites sur le support, Klein veut fixer dans leur fugacité les marques des « États-moments de la chair ».  

      web_1958_1960YK ph_0465 Yves Klein réalisant une Anthropométrie dans son atelier 14 rue Campagne-Première, Paris, 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles


      web_1958_1960YK ph_0438 Yves Klein réalisant une Anthropométrie dans son atelier 14 rue Campagne-Première, Paris, 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles


      Le 2 mars, il dépose à l’INPI un brevet d’invention au titre : « Procédé de décoration ou d’intégration architecturale et produits obtenus par application dudit procédé », où est explicité le procédé des « pinceaux vivants ».  

      Le 9 mars, Yves réalise la performance Anthropométries de l’époque bleue, devant un public choisi, réuni à la galerie internationale d’Art contemporain au 253 rue Saint-Honoré à Paris dirigée par le comte Maurice d’Arquian.  

      La séance s’ouvre avec la Symphonie Monoton-Silence, dirigée par Yves et exécutée par trois violons, trois violoncelles et trois choristes. Trois modèles nus entrent sur scène et réalisent des empreintes de leur corps sur les indications de l’artiste. Après la séance a lieu un débat général auquel participent Pierre Restany et Georges Mathieu.

      1960_anthropo2_8 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0382_Web_2017 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles


      web_1958_1960YK ph_0326 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles


      web_1958_1960YK ph_0384 Anthropométries de l’Epoque Bleue, Galerie Internationale d’Art Contemporain, Paris 9 mars 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles


      En mars, Yves réalise ses premières Cosmogonies, œuvres produites à l’aide de phénomènes atmosphériques et d’éléments naturels. Au cours d’un voyage de Paris à Nice, il fixe sur le toit de sa voiture un papier fraîchement peint en bleu et laisse agir sur lui les agents météorologiques (COS 010). Le 23 mars, à l’embouchure du Loup, à Cagnes-sur-Mer, il recourt à des empreintes de végétaux et à l’eau de la rivière dans laquelle il plonge des œuvres (COS 004).  

      1960_cosmo_4 Yves Klein réalisant une Cosmogonie, Berges du Loup, 1960
      Photo © Rotraut
      © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris, 2017

      web_1958_1960YK ph_0491 Yves Klein réalisant une Cosmogonie, Berges du Loup, 1960 Photo © Rotraut


      Le 16 avril, Pierre Restany publie à Milan un texte intitulé Les Nouveaux Réalistes en prévision de l’exposition collective du mois de mai suivant à la Galleria Apollinaire. Le critique désignera par la suite ce texte comme le premier manifeste du mouvement.  

      Le 23 avril, Yves fonde l’ADAM (Association pour le Dépassement de l’Art moderne) à La Coupole. Cette séance sera la seule tenue par l’association.  

      Le 29 avril, Yves dépose à l’INPI un brevet d’addition au procédé des « pinceaux vivants ».  

      En mai, il fonde avec Restany, Mirouze, Pascal et Arman l’International Klein Bureau, qui permet à chaque membre de réaliser et de signer de son nom des Monochromes IKB.  

      Le 19 mai, il dépose à l’INPI la formule de l’International Klein Blue (IKB), le projet du Rocket pneumatique et des procédés de traitement pour papier d’imprimerie sous trois enveloppes Soleau.  

      Du 11 octobre au 13 novembre se tient l’exposition « Yves Klein le Monochrome », à la galerie Rive Droite, Paris, dirigée par Jean Larcade. C’est la première présentation de la triade de couleurs : bleu, or et rose.  

      1960_rivedroite_1 Affiche de l’exposition « Yves Klein le Monochrome », Galerie Rive Droite, Paris, 1960

      Le 19 octobre 1960 Yves se lance dans le vide au 3 rue Gentil-Bernard à Fontenay-aux-Roses. Les photographes Harry Shunk et John Kender effectuent les prises de vue du Saut dans le vide et le montage de la scène qui sera publiée, le 27 novembre suivant, dans le journal Dimanche publié par l’artiste sous le titre « Un homme dans l’espace ! ». Yves établit que cet événement marque la fin de son activité de judoka.  

      1960_saut_1 Le Saut dans le vide, 5, rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses, octobre 1960 Le titre de cette œuvre d'Yves Klein d'après son journal « Dimanche 27 novembre 1960 », est : « Un homme dans l'espace ! Le peintre de l'espace se jette dans le vide ! », 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.


      Le 27 octobre date la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes, dans l’appartement d’Yves au 14 rue Campagne-Première à Paris. La Déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes rédigée par Pierre Restany est signée par Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Raysse, Restany, Spoerri, Tinguely et Villeglé. César et Rotella ont été invités mais sont absents. Au groupe se joignent plus tard Niki de Saint-Phalle, Gérard Deschamps et Christo. Les neuf participants signent les neufs exemplaires de la déclaration.  
      Le 28 octobre, Klein réunit Arman, Hains, Raysse, Restany et Tinguely afin de réaliser une Anthropométrie suaire collective. Par ce geste Klein intègre les Nouveaux Réalistes à son œuvre.  

      1960_declaration_1 Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, 1960
      © Tous droits réservés

      1960_declaration_2 Réunion pour la signature de la "Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme" dans l’appartement d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris, 27 octobre 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

      1960_declaration_3 Réunion pour la signature de la "Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme" dans l’appartement d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris, 27 octobre 1960
      Photo © Harry Shunk and Janos Kender / J.Paul Getty Trust. The Getty Research Institute, Los Angeles.

      Le 10 novembre, Yves réalise L’Anthropométrie collective des Nouveaux Réalistes avec Arman, Hains, Restany et Tinguely.  

      Du 16 novembre au 15 décembre se tient le IIIe Festival de l’Art d’avant-garde au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Les deux œuvres de Klein, Ci-gît l’espace et l’Anthropométrie collective des Nouveaux Réalistes, sont endommagées par un acte de vandalisme. Le dimanche 27 novembre, dans le cadre des représentations théâtrales du festival, Yves présente le Théâtre du vide, “une ultime forme de théâtre collectif qu’est un dimanche pour tout le monde” (Yves Klein, Dimanche, Le journal d’un seul jour, 1960). Le même jour, il diffuse, dans quelques kiosques à journaux de Paris, Dimanche, le journal d’un seul jour, et il tient une conférence de presse à la galerie Rive Droite.  

      1960_dimanche_1 Dimanche 27 novembre 1960 – Le Journal d’un seul jour, 1960


      web_1958_1960YK ph_0434 Kiosque parisien vendant le journal Dimanche 27 novembre 1960 – Le Journal d’un seul jour, 27 novembre 1960
      Photo © Hans Haacke


      En 1960, Yves participe à Milan aux expositions « La nuova concezione artistica » à galerie Azimut et  « Arman, Hains, Dufrêne, Yves le Monochrome, Villeglé, Tinguely » à la Galleria Apollinaire. À Paris, il participe à l’exposition « Antagonismes » au Musée des Arts décoratifs et à l’exposition « Hommage à Colette Allendy » à la galerie Colette Allendy. Enfin, il fera également partie des expositions « Paris Obsessions » à la Staempfli Gallery de New York et « Monochrome Malerei » au Städtisches Museum Leverkusen.
scroll to top