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30.11.1958

Par Yves Klein

La "sensibilité picturale immatérielle"

Yves Klein, Monochrome bleu sans titre (IKB 181), 1956
Pigment pur et résine synthétique sur gaze montée sur panneau
73 x 56 cm
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
"Qu’est-ce que la sensibilité ? 
C’est ce qui existe au-delà de notre être et qui pourtant nous appartient toujours. La Vie elle-même ne nous appartient pas, c’est avec la sensibilité qui, elle, nous appartient que nous pouvons l’acheter. La sensibilité est la monnaie de l’univers, de l’espace, de la grande nature qui nous permet d’acheter de la vie à l’état matière première ! L’imagination est le véhicule de la sensibilité ! Transportés par l’imagination, nous atteignons la "Vie", la vie elle-même qui est l’art absolu."
Yves Klein, extrait de « Discours prononcé à l’occasion de l’exposition Tinguely à Düsseldorf », janvier 1959, Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, Beaux-Arts de Paris, 2003, p. 103


"Voici comment les choses se sont passées : en 1946, je peignais ou dessinais, soit, sous l’influence de mon père, peintre figuratif, des chevaux dans un paysage ou des scènes de plage, soit, sous l’influence de ma mère, peintre abstrait, des compositions de formes et de couleurs. Dans le même temps la « couleur », l’espace sensible pur, me clignait de l’œil d’une manière irrégulière mais obstinée. Cette sensation de liberté totale de l’espace sensible pur exerçait sur moi un tel pouvoir d’attraction que je peignais des surfaces monochromes pour voir, de mes yeux voir , ce que l’absolu avait de visible. (...)
J’ai donc débouché dans l’espace monochrome, dans le tout, dans la sensibilité picturale incommensurable. (...)
Yves Klein, extrait de « Le dépassement de la problématique de l'art », 1959, Le dépassement de la problématique de l'art et autres écrits, Beaux-Arts de Paris, 2003, p. 80

"Le tableau n’est que le témoin, la plaque sensible qui a vu ce qui s’est passé. La couleur à l’état chimique que tous les peintres emploient est le meilleur médium capable d’être impressionné par « l’événement ». Je pense donc je peux dire : Mes tableaux représentent des événements poétiques ou plutôt ils sont des témoins immobiles, silencieux et statiques de l’essence même du mouvement et de vie en liberté qu’est la flamme de poésie pendant le moment pictural !
Mes tableaux sont les « cendres » de mon art."
Yves Klein, extrait de « L’aventure monochrome : l’épopée monochrome », 1960 ca.


"La peinture comme la poésie est "l'art de créer des âmes pour tenir compagnie aux âmes"."
Yves Klein, Le rôle du peintre dans la société future...", 1960 ca.


"Mon art n’est pas derrière “les cendres” que sont mes œuvres, mais dedans et autour, comme une aura de ces cendres."
Yves Klein, lettre à John Anthony Twaites, 28 décembre 1960, à propos de la traduction dans la revue Zero de « Yves le monochrome 1960. Le vrai devient réalité », Écrits, op. cit., notes, p. 414. Ce numéro de Zero, le dernier, parut en juillet 1961.
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